Le conflit israélo-palestinien a-t-il empiété sur la campagne des Européennes ? Alors que les élections ont lieu dans une semaine, la guerre au Proche-Orient s’est invitée à la table des débats, « en créant un clivage très fort », analyse l’éditorialiste Jean-Marie Colombani dans l’émission Esprits libres de ce vendredi 31 mai.
Le constat est sévère : « à aucun moment, la campagne n’a été vraiment européenne », assure Jean-Marie Colombani, ajoutant qu’il n’y a pas eu de vrai débat, « en dehors du face-à-face entre Gabriel Attal et Jordan Bardella ». Il assure que les déterminants de ce vote sont liés à la politique intérieure, citant la principale préoccupation des Français, selon les récents sondages, le pouvoir d’achat.
Ces élections européennes sont « une occasion de dire au président de la République qu’on ne l’aime pas, qu’on le rejette », souffle l’éditorialiste, résumant : « c’est principalement un vote anti-Macron qui est en train de se préparer ». Aujourd’hui la liste RN est largement en tête devant la majorité présidentielle dans les intentions de vote.
La situation tragique des Palestiniens donne un prétexte à l’antisémitisme larvé
Jean-Marie Colombani constate qu’en effet, le conflit entre Israël et le Hamas s’est invité dans les débats en divisant très fortement les Français, avec d’un côté ceux qui jugent centrale l’attaque terroriste du 7 octobre, et ceux qui dénoncent uniquement la riposte israélienne sanglante sur les territoires palestiniens. Une riposte « qu’on peut contester, sans stratégie [de la part d’Israël], sans plan B et dont on voit aujourd’hui l’absence de résultats et le côté désastreux », note l’éditorialiste. « On est totalement dans l’esprit de vengeance. Sauf que je continue de penser que la société israélienne se débarrassera de Netanyahou et de son gouvernement dès qu’elle aura la possibilité de voter ».
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Mais il estime que la situation tragique des Palestiniens, qui suscite selon lui « une mobilisation totalement légitime parce que c’est évidemment insupportable » donne un prétexte à l’antisémitisme larvé. « Ce que je n’arrive pas à digérer personnellement, c’est que l’explosion de l’antisémitisme a démarré dès le 7 octobre, avant même qu’Israël ne réponde. Aujourd’hui on le voit se répandre comme une traînée de poudre, y compris dans notre pays. C’est profondément troublant ».
Béatrice Mouedine
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