Emmanuel Macron a-t-il échoué en Nouvelle-Calédonie ? Si Le Figaro et Le Parisien estiment que le président a gagné du temps face à cette crise liée à une révision du corps électoral, pour Les Echos, il a reculé. Cécile Cornudet, journaliste au sein du quotidien économique et Jean-Marie Colombani, fondateur de slate.fr, étaient ce matin dans Esprits Libres sur Radio Classique pour livrer leur analyse.
« Il n’a pas réglé la crise, c’est sûr » résume, implacable, Cécile Cornudet. L’éditorialiste explique qu’Emmanuel Macron a reculé par rapport à sa vision du dossier. « Il disait ‘il faut faire vite’, or il dit maintenant ‘je ne passerai pas en force, il faut du temps’. Il disait ‘il faut se concentrer sur les questions institutionnelles avec la révision du corps électoral’, il dit aujourd’hui ‘il y a beaucoup d’inégalités' ».
Autre inflexion présidentielle, au sujet du 3ème référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie qui s’est conclu par un « non ». S’il estimait que le dossier était clos, il a changé de pied en affirmant que celui-ci n’a rien réglé, au contraire. Cécile Cornudet se félicite qu’Emmanuel Macron ait « changé de regard », grâce à ce déplacement sur le terrain.
Emmanuel Macron a pointé « le découragement des jeunes »
« J’ai l’impression qu’il a été effaré par ce qu’il a vu des dommages physiques [sur le territoire] qu’il a survolé en hélicoptère », souligne la journaliste, ajoutant qu’il a aussi constaté l’incompatibilité majeure entre les différents acteurs. « Il n’a pas réussi à les réunir tous ensemble ».
Face à cette réalité de haine et de « racisme », comme il l’a dit lui-même, Emmanuel Macron « a donné le sentiment qu’il avait été un peu effaré par ce ce qu’il voyait. Et c’est rare qu’il soit dans une posture d’humilité comme ça ». Il a paru désarmé, a utilisé des mots très forts et notamment « le découragement des jeunes ».
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Cécile Cornudet explique que même s’il n’a pas dit qu’il s’était trompé sur ce dossier, il parlé d’humilité, ce qui marque un changement profond chez le chef de l’Etat. Ce déplacement était donc bien nécessaire, poursuit de son côté Jean-Marie Colombani, d’autant qu’il avait fait au préalable « une erreur d’analyse ». Se rendre sur place « est un geste très fort qui montre qu’ [il] prend la mesure de la gravité de la crise ».
Béatrice Mouedine
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