Israël et le Hamas ont chacun été épinglés par la Cour Pénale Internationale, qui a demandé des mandats d’arrêts contre Benjamin Netanyahu et les dirigeants du Hamas. Une décision « extrêmement positive », analyse Bertrand Badie, professeur des universités à l’IEP de Paris (Sciences Po).
La décision de la Cour Pénale Internationale va dans le sens de la légitimation de cette institution créée en 1998, selon l’expert en relations internationale : « tout le monde doit rendre des comptes ». Jusqu’à présent, elle a surtout visé des dirigeants africains. Aujourd’hui, selon Bertrand Badie, elle montre que « nul n’est exempt de la justice internationale ».
Cette demande de mandats d’arrêts du côté israélien et du côté du Hamas, « vient universaliser, donc légitimer la CPI ». Un avis que ne partage pas l’éditorialiste Franz-Olivier Giesbert, qui s’est exprimé dans l’émission Esprits Libres.
L’Espagne, la Norvège et l’Irlande reconnaissent la Palestine
Mais pour l’invité de François Geffrier, il faut rappeler que « un mort est un mort, et que tous ceux qui sont coupables d’exactions de ce genre doivent en rendre compte », sous-entendu, aussi bien les dirigeants israéliens que les membres du Hamas. « L’erreur est de partir des hommes et d’oublier les actes. Le droit se construit par des actes. S’ils sont documentés – et c’est le cas pour les meurtres du 7 octobre et les 36.000 morts à Gaza – on est dans une logique de crime de guerre et de crime contre l’humanité ».
A lire aussi
Alors que l’Espagne, la Norvège et l’Irlande ont annoncé reconnaître officiellement l’Etat de Palestine, l’expert estime que cela entre dans le cadre d’un phénomène nouveau en Occident. « Cela crée une culture du deux états. Cette solution devient normale, banale logique. Nous sommes dans une situation où tout le monde connaît la solution de ce conflit, mais personne ne sait le chemin pour y mener ».
Béatrice Mouedine
Retrouvez les articles liés à l’actualité internationale