Si on en croit l’hebdomadaire britannique The Economist, Vladimir Poutine aurait confié à l’un de ses proches : « Ils vont me pendre ». Alors, si cette phrase est vraie, que signifie-t-elle au juste ?
Les « ils » désignent de toute évidence bien davantage les membres du premier cercle de Poutine que ses adversaires occidentaux ou même ses ennemis ukrainiens. Cela évoque spontanément le cas d’Evgueni Prigojine, un des chefs mercenaires de Poutine. Il s’était retourné contre son maître et contre l’armée russe et avait entamé une marche sur Moscou en juin 2023, avant d’être victime d’un fâcheux accident d’avion deux mois plus tard, en août 2023.
Ce que traduit principalement cette phrase de Poutine, si elle est avérée, n’est autre que l’amertume et l’angoisse d’une défaite stratégique majeure. Cela se traduit par la peur, la peur de mourir précisément, parce que c’est ainsi que la Russie régule ses abus de pouvoir depuis des siècles.
Le bilan est dévastateur pour l’Ukraine, mais il est aussi ravageur pour la Russie
Le fameux Astolphe de Custine écrivait de la Russie en 1839 qu’elle est une monarchie absolue tempérée par l’assassinat.
La peur semble avoir effectivement changé de camp. Elle est passée de Kiev à Moscou, et rôde sur toute la Russie, du peuple qui voit son pays s’affaiblir ou s’appauvrir sous les pénuries, aux élites qui doutent de la capacité de vaincre désormais de leur chef suprême.
Les forces russes n’ont conquis que 1% du territoire ukrainien
Honnêtement, le bilan est dévastateur pour l’Ukraine depuis 2022, mais il est aussi ravageur pour la Russie. En 2025, avec tous les moyens possibles et avec l’aide de la Corée du Nord, Les forces russes ont conquis en tout et pour tout 1% du territoire ukrainien.
On dénombre aujourd’hui 450 000 morts dans les rangs des armées russes et 1,4 million de blessés ou d’hommes hors de combat. John Ratcliffe, le directeur de la CIA qui était à Moscou la semaine dernière, a avoué devant un cercle d’experts américains que la durée de vie moyenne d’un soldat russe envoyé en première ligne est actuellement de 20 à 30 min.
Or, loin de percevoir les mises en garde des Occidentaux comme une limite à ne pas dépasser, Vladimir Poutine semble au contraire voir toute tentative de négociation comme un signe de faiblesse de l’Occident. Il interprète à l’envers et donc, comme une raison supplémentaire de procéder à une surenchère.
Poutine ne veut rien lâcher et compte étendre le conflit
Même la visite du directeur de la CIA la semaine dernière à Moscou aurait eu sur lui un effet inverse de celui recherché. Poutine, comme il l’a encore montré avant-hier en frappant cruellement une habitation civile à Kiev, n’entend rien lâcher et même monter d’un cran en permanence.
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Pire encore, Poutine pourrait envisager une extension du conflit sous une forme que nous ignorons, mais qui laisse planer toutes sortes de menaces : des actions sous fausse bannière, des incursions ciblées.
L’Allemagne vient de démontrer, preuve à l’appui, l’implication flagrante des services russes dans une tentative majeure d’attentat perpétré à l’aide de drones. Pour autant, rien, aujourd’hui, ne laisse entrevoir le moindre désir de négociation chez Vladimir Poutine.
Christian Makarian
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