Assises des finances publiques : Quelles sont les pistes évoquées pour faire des milliards d’euros d’économie ?

NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Ce lundi ont lieu à Bercy les Assises des finances publiques. Organisé à l’initiative de Bruno Le Maire, Gabriel Attal et de la première ministre Elisabeth Borne, cet évènement représente une étape importante pour le redressement des comptes de l’Etat : « des milliards d’euros » d’économie sont nécessaires.

C’est un événement d’une grande importance. C’est en ces termes que Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, a présenté les Assises des finances publiques début juin. Celles-ci pourraient ouvrir la voie à plusieurs milliards d’euros d’économie. C’est dire si le niveau des attentes est élevé ce lundi matin.

Pour le gouvernement, l’intérêt à agir est immense. Avec un déficit public chronique, autour de 5% cette année, une dette représentant 110% du PIB (3.000 milliards d’euros), des engagements budgétaires contraignants au niveau européen et une conjoncture dégradée, la France aborde le mur d’investissements que va nécessiter la transition climatique en situation de faiblesse.

Réduire les dépenses publiques, un impératif du gouvernement pour l’avenir

La réduction de la dépense publique, ou plutôt sa réallocation, n’est plus une option mais un impératif. Le problème est épineux : ces dernières décennies, aucun gouvernement n’a été capable de traduire en acte la volonté souvent affichée de mieux maîtriser l’évolution de ses finances. Mais l’exécutif a déjà évoqué des pistes d’économies, notamment sur les dépenses « brunes », c’est -à-dire favorisant des activités nocives pour l’environnement.

On évoque effectivement une hausse de la taxe sur les véhicules de sociétés ou de la fin de l’avantage fiscal sur le gazole consommé par les engins de chantier par exemple. Ce qui rapporterait plus d’un milliard d’euros.

En France, la vertu budgétaire est rarement payante

Mais nous le savons tous : dans chaque niche fiscale se cache un chien enragé. La bataille s’annonce donc difficile pour un gouvernement sans majorité au Parlement. D’autant que la vertu budgétaire est rarement payante politiquement dans notre pays. Pis, elle est souvent assimilée à une forme d’austérité, devenue inacceptable aux yeux de certains après le « quoi qu’il en coûte ».

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L’effort financier à consentir n’est pourtant pas hors de portée. Puisque la simple stabilisation des dépenses publiques en volumes permettrait de dégager l’équivalent de 10 points de PIB en dix ans, soit près de 300 milliards d’euros.

François Vidal

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