Le Salon aéronautique du Bourget qui vient de s’ouvrir jusqu’au 25 juin accueille près de 2.500 exposants. Annulé en 2021 en raison de la pandémie de Covid-19, cette 54ème édition devrait attirer plus de 320.000 visiteurs. Invité de Radio Classique, Laurent Dassault, membre indépendant du Conseil de surveillance de Marcel Dassault SA, s’est confié sur l’avenir de l’aéronautique.
« On fait ça pour que les gens soient heureux ». En dépit des débats entourant l’aviation, considérée comme l’archétype de l’industrie polluante, le petit-fils de Marcel Dassault, à l’origine de l’empire aéronautique Dassault, continue de croire en ce moyen de transport « merveilleux ».
Interrogé par Guillaume Durand à de multiples reprises sur cette question environnementale, avec d’une part « une population qui souhaite voyager moins », et de l’autre « un tourisme de masse et une demande de voyage d’affaires considérable », Laurent Dassault a promis des progrès rapides pour limiter les émissions de carbone.
L’aviation face à des demandes militaires accrues dans un contexte de tensions géopolitiques
Inauguré par Emmanuel Macron, le salon international de l’aéronautique du Bourget doit recevoir 300 délégations officielles venues de « 200 pays différents », 30 ministres, dont 20 étrangers. 2.500 exposants (dont 300 start-up) sont attendus : en plus des 1.130 entreprises françaises présentes, 400 exposants américains seront présents.
Cette 54ème édition s’inscrit dans un contexte particulier avec la guerre en Ukraine et un regain de tensions géopolitiques : les dépenses militaires n’ont cessé de s’accroître après des années en berne. « En 2022, nous avons vendu 92 Rafale à tous les pays qui avaient besoin du meilleur avion du monde », se réjouit Laurent Dassault.
Entré en service au début des années 2000, cet avion « révolutionnaire, le mieux adapté, le mieux outillé et le mieux armé » selon l’homme d’affaires, n’a pas de concurrence, « le F-35 américain étant souvent bloqué au sol ». Invité à se positionner sur le conflit ukrainien, Laurent Dassault admet que le Rafale est « trop sophistiqué » pour être livré à des pilotes inexpérimentés.
« Il faut aller dans le sens de l’histoire : on ne va pas continuer à polluer l’atmosphère »
Concerné par les émissions de carbone provoquées par l’aviation, Laurent Dassault a promis aux auditeurs de Radio Classique « des carburants de synthèse, certes quatre fois plus chers que le kérosène classique, qui polluent 80% de moins, d’ici 3 à 5 ans ».
Cette édition au Bourget reflète une situation contrastée. Face à la reprise de la demande, après deux années préoccupantes pour le secteur de l’aviation, se pose la question de la décarbonation des avions. « Il faut aller dans le sens de l’histoire : on ne va pas continuer à polluer l’atmosphère. »
« La durée de vie nos avions est de 30 à 40 ans. Nos avions volent 300 heures par an et les gros porteurs volent 3.000 heures par an. On dure 10 fois plus longtemps », tente de minimiser Laurent Dassault.
Laurent Dassault promet un « avenir optimiste » au secteur de l’aéronautique
Selon une étude réalisée par le cabinet AlixPartners début juin, plus de 2.000 avions ont été commandés par les compagnies aériennes et les loueurs. Et le débat sur la transition écologique des avionneurs et des compagnies aériennes ne cesse de diviser, « au sein du gouvernement » compris, rappelle Guillaume Durand.
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En dépit des législations – le Sénat avait voté en 2021 la suppression des lignes aériennes intérieures lorsqu’une alternative ferroviaire inférieure à cette durée existait -, Laurent Dassault promet un « avenir optimiste à l’aviation ».
Selon lui, « la haute performance est toujours payante. Il faut aller plus haut, plus vite pour que les gens soient heureux ». La présentation ce lundi matin du Falcon 10X, « extraordinaire dans sa réalisation et son confort », et destiné aux voyages d’affaires, illustre cette perspective.
Oscar Korbosli