Ce jeudi, la Banque d’Angleterre devrait annoncer un relèvement de ses taux d’intérêt, qui pourraient atteindre 5%. Alors que la hausse des taux semble ralentir aux Etats-Unis et en Europe, ce resserrement monétaire s’explique par une inflation, proche des 9%, qui peine à diminuer.
Les taux d’intérêt, déjà à 4,5%, vont grimper à 4,75% voire 5%, nettement au-dessus de la zone euro. En cause, une inflation qui ne reflue pas, à près de 9%. Un chiffre qui continue d’augmenter, contre toute attente, si on met la focale sur l’inflation (hors énergie et hors alimentation).
Cette inflation non volatile dépasse 7% et s’écarte de plus en plus des courbes américaines et européennes. Au point de faire dire à un analyste que le Royaume-Uni serait désormais une véritable « anomalie ».
Brexit, Covid, pénuries de mains d’œuvre : les causes d’une inflation en hausse au Royaume-Uni
Pour expliquer cette inflation, les facteurs sont multiples : une dépendance plus forte au gaz pour le chauffage, des pénuries de main-d’œuvre qui poussent les salaires et des perturbations logistiques post-Covid.
D’autres facteurs viennent aggraver la situation. En effet, le Brexit a compliqué les échanges et entravé la circulation des personnes. A cela s’ajoutent les grèves à répétition, elles-mêmes liées à l’inflation ! La boucle est bouclée.
Le gouvernement de Rishi Sunak sous le feu des critiques
Élu Premier ministre en octobre 2022, Rishi Sunak avait en effet promis de diviser l’inflation par deux d’ici à la fin de l’année, ce qui est mal engagé. Désormais, la case récession semble être la seule issue pour calmer la colère des Britanniques, furieux des hausses de prix (18% pour l’alimentation).
Les ménages sont surtout plus vulnérables à la hausse des taux, avec des prêts immobiliers souvent renégociés après cinq ans. Et de nombreuses familles, qui n’ont pas bénéficié de chèques comme en France, se retrouvent ainsi coincées par des mensualités revues en forte hausse.
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Un phénomène qui risque d’empirer et plomber la consommation. Interpellé par l’opposition sur cette « bombe » des prêts immobiliers, le chef du gouvernement a écarté toute aide directe, reconnaissant que la lutte contre l’inflation serait rude. D’autant que la hausse des taux pèse aussi sur les comptes de l’Etat : la dette publique vient de franchir le seuil des 100% de PIB.
Etienne Lefebvre