Semi-conducteurs : Pourquoi les usines coûtent un prix mirobolant

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On y entre en tenue de cosmonaute dans des « salles blanches » où l’air est purifié, elles sont construites sur coussin d’air… Non, il ne s’agit pas de la prochaine navette spatiale, mais des usines de semi-conducteurs Intel. Le géant américain a annoncé un investissement colossal de 50 milliards de dollars dans deux usines. Comment expliquer un tel coût ?

30 milliards d’euros dans une usine en Allemagne, 25 milliards de dollars dans une autre en Israël. Auparavant, une usine de « puces » coûtait autour d’une dizaine de milliards de dollars. En trente ans, le prix a triplé.

Fabriquer des semi-conducteurs est en effet très complexe. Il faut les produire dans ce qu’on appelle des « salles blanches ». Ce sont des pièces dans lesquelles il ne doit pas y avoir un gramme de poussière.

L’air est purifié et filtré. On rentre avec une tenue de cosmonaute. Ensuite, un composant électronique est une galette de silicium qui ressemble un peu à un panneau solaire mais sur laquelle on va devoir graver des lignes de quelques nanomètres et un nanomètre c’est un milliardième de mètre. C’est du travail de très haute précision.

Des usines high-tech au coût mirobolant

La machine qui grave ces lignes ne doit pas trembler ou bouger, ne serait-ce que d’un millimètre. Or une usine traditionnelle vibre tout le temps. Au moment de la construction, il faut veiller à ce qu’il n’y ait pas de ligne ferroviaire et les camions de livraison doivent éviter à tout prix de faire bouger ces fameuses salles blanches.

Cela revient pratiquement à construire une usine sur coussin d’air ! Ces machines qui servent à graver sont extrêmement complexes et onéreuses. Pour fabriquer 400 millions de pièces, il en faut beaucoup ! On parle d’une usine qui fait l’équivalent de trois terrains de football, et d’un chantier de construction qui va occuper 7.000 personnes.

Usines de semi-conducteurs : un investissement rentable ?

Intel et ses concurrents sont sur un marché très porteur car on a besoin de plus en plus de composants électroniques de plus en plus complexes, avec un nombre croissant d’appareils. La révolution numérique repose sur les semi-conducteurs, donc les fournisseurs vendent davantage en unité et en valeur.

Ensuite, les fabricants cherchent à faire tourner leurs usines 24H/24. Ils produisent aussi pour des groupes qui conçoivent des puces, mais qui ne vont pas investir dans l’outil industriel. Il y a une mutualisation poussée à l’extrême pour amortir.

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Et puis enfin, en Israël comme en Allemagne ou en France la semaine dernière avec ST Microelectronics et Global Foundries, les États subventionnent massivement à coup de milliards ces investissements. En France, le contribuable a apporté presque 3 milliards d’euros. En Israël c’est 3 milliards de plus. Et en Allemagne, c’est 10. Ça aide aussi un peu à rentabiliser l’investissement ou au moins à réduire le risque.

David Barroux

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