2025 : quels sont les 10 mots les plus recherchés sur le web cette année ? Entre « masculinisme » popularisé par la série Adolescence et « gougnafier » ressuscité

Richard Shotwell/AP/SIPA

Les éditions Le Robert ont dévoilé les termes qui ont connu la plus forte hausse de consultation sur leur dictionnaire en ligne. Cette version numérique enregistre plus de 50 millions de pages vues par an. Découvrez les mots les plus recherchés, reflets des questionnements de notre société, ainsi qu’une liste de mots et expressions qui se développent progressivement chez les jeunes

Le terme « conclave » a connu un regain d’intérêt pour deux raisons distinctes. La première était politique : François Bayrou avait annoncé le 14 janvier 2025 l’organisation d’un conclave de trois mois au sujet de la réforme des retraites. Puis, le 21 avril, la mort du pape François a remis en lumière ce mot au moment de l’élection de son successeur, Léon XIV.

Outre « conclave », neuf autres termes ont particulièrement retenu l’attention des internautes : wesh, eugénisme, entrisme, go, gougnafier, séditieux, submersion, vassal et masculinisme.

Le masculinisme en tête du podium des recherches 2025

Le terme « masculinisme » a connu une augmentation spectaculaire de consultations, de plus de 800 % en 2025. Ce chiffre reflète l’essor du masculinisme sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok, où 66 % des jeunes de 16 à 34 ans connaissent au moins un influenceur masculiniste. Ce mouvement promeut les droits des hommes et leurs intérêts dans la société, au détriment de ceux des femmes. La série Adolescence, diffusée sur Netflix et qui a bénéficié d’une visibilité immense, a également contribué à populariser ce terme. Elle met en scène un adolescent de 13 ans influencé par le mouvement masculiniste et accusé du meurtre d’une camarade.

En 2025, on a aussi assisté au retour de « gougnafier ». Ce mot familier, aujourd’hui désuet, a été employé par Moustapha Diakité, chef de cabinet du président Macky Sall au Sénégal, qui avait qualifié ainsi l’actuel président Bassirou Diomaye Faye. Moustapha Diakité a été poursuivi pour offense au chef de l’État. Le terme « gougnafier » désigne un bon à rien ou un goujat. Cet exemple rappelle que les mots ont un poids et peuvent coûter cher.

Le langage des jeunes : décryptage des expressions à la mode

La liste suivante n’a pas été établie par Le Robert, mais c’est un florilège non exhaustif de termes employés par les jeunes actuellement. En tant que professeure en collège, je suis aux premières loges pour observer l’évolution du langage des adolescents.

« Je le cala pas »

Cette expression est une abréviation pour « calculer ». Quand on dit « cala », c’est calculer. Cela signifie qu’on snobe quelqu’un, qu’on nie son existence. Quelqu’un qu’on ne cala pas, on ne lui donne aucune attention.

« Elle a dead ça »

Cette expression, employée en son temps par la chanteuse Aya Nakamura signifie qu’elle a parfaitement réussi, qu’elle est venue à bout de tous les obstacles et qu’elle l’emporte haut la main. C’est une phrase positive, qui indique qu’elle a tué tous les obstacles, en quelque sorte.

« Je suis chaud »

Il semblait que cette expression était déjà démodée, mais elle reste d’actualité. Elle sert à exprimer le fait qu’on est prêt à accomplir quelque chose, qu’on est motivé, on déclare : « J’suis chaud ».

« Un phaseur » / « Tu phases »

Ce terme désigne celui qui change de comportement facilement, comme s’il y avait différentes phases. Mais dire à quelqu’un « tu phases » consiste à lui faire remarquer qu’il semble pensif ou dans la lune.

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« C’est gaze » (prononcer guéï-ze)

Cela signifie « c’est facile ». Ce terme est encore à la mode et s’entend surtout dans le contexte des jeux vidéo en ligne, mais pas à tout bout de champ.

« J’ai la dalle »

Cette expression, qui désigne évidemment une grande faim, est toujours parfaitement au goût du jour. Dire « j’ai faim de malade » perdure, mais semble en voie de disparition, contrairement à « la dalle ».

« Tu fais crari »

Cette expression signifie « tu fais semblant ». Exemple : « Fais pas crari, t’as révisé », pour dire « ne fais pas semblant d’avoir révisé ». On observe malheureusement une disparition du mot subordonnant « que » à l’oral. La langue va à l’économie de mots, mais ce n’est pas toujours dans le bon sens.

Karine Dijoud

 

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