« Elle renouvelle la langue française » : Aya Nakamura vue par Karine Dijoud, professeur de lettres classiques et star d’Instagram

Aurelien Morissard/AP/SIPA

La prestation d’Aya Nakamura lors de la cérémonie d’ouverture des JO n’a laissé personne indifférent. Il faut dire qu’elle a chanté face à la Garde républicaine sur le Pont des Arts, devant l’Académie française. 

31 millions de téléspectateurs ont assisté à cette séquence devenue une trend (une mode) sur TikTok : Aya Nakamura devant l’Académie Française, un lieu à la symbolique très forte pour la chanteuse souvent accusée de ne pas respecter le français.

Alors, chante-t-elle en français ? La réponse classique des linguistes est celle-ci : « oui, c’est bien du français, pas de l’allemand ou du chinois ». Mais est-ce le français parlé par les puristes ? Non. Est-ce que c’est grave ? Non plus.

Le « side », explique Aya Nakamura, c’est la bande d’amis

Analysons ses textes d’un peu plus près, cela me change des textes classiques que j’étudie avec les élèves. « Blah blah blah d’la pookie, Ferme la porte, t’as la pookie dans l’side ». La pookie, c’est la « poucave », un terme très utilisé par les jeunes, pour désigner une balance. Quant au « side », c’est ce qu’expliquait Aya Nakamura en interview, c’est la bande d’amis.

Un autre extrait de chanson : « Je suis gang hors game, boy ne joue pas Bang Bang Bang ». « Hors game », ça signifie qu’on ne se prend pas pour n’importe qui, cela veut dire être « hors jeu ». Aya Nakamura est également très connue pour sa chanson Djadja. « Fait belek tu vas câbler » , une autre manière de dire « fais attention, tu vas péter un plomb ». 

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Quelle est la preuve du succès ? Le nombre de reprises par des chanteurs plus consensuels comme Angèle, Bilal Hassani ou Clara Luciani. Pour conclure, est-ce qu’il faut s’insurger du fait de l’entendre ? Je ne pense pas. Elle ne se revendique pas écrivaine où grammairienne. Donc certes, ses mots sont parfois difficiles à décrypter, mais après tout, elle renouvelle la langue française.

Karine Dijoud

 

Retrouvez la chronique Et si on parlait français ? Avec l’Académie française