« L’esprit d’escalier » : Vous n’utilisez pas cette expression à bon escient

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« J’ai l’esprit d’escalier ». On l’emploie souvent comme une excuse pour ajouter, hors contexte, un élément lié à une conversation qui a eu lieu bien plus tôt. En réalité, ce n’est pas ce qu’elle signifie.

On entend souvent « j’ai l’esprit d’escalier », ou « j’ai l’esprit de l’escalier », une dernière tournure un peu étrange qui donne l’impression qu’il s’agit d’un fantôme. Il s’agit d’expliquer qu’on a une pensée en arborescence, un raisonnement qui fonctionne par palier. Mais dire qu’on a l’esprit d’escalier signifie qu’on manque de répartie.

Une digression, d’ailleurs, on devrait dire et écrire « repartie ». Mais le mot « répartie » est tellement répandu qu’il est désormais accepté de mettre l’accent sur le « e ». Quand on est puriste, on dit : « je n’ai pas d’esprit de repartie ». Fermons la parenthèse.

Le bon mot vient après coup

Revenons à l’expression « avoir l’esprit d’escalier ». Nous la devons à Diderot dans son ouvrage, Paradoxe sur le comédien. « L’homme sensible, comme moi tout entier à ce qu’on lui objecte, perd la tête et ne se retrouve qu’au bas de l’escalier ». 

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Cela signifie qu’une fois qu’il est en bas des escaliers de son hôte, le bon mot lui vient tout à coup, il a trouvé sa répartie et se dit qu’il est trop tard. Nous avons tous connu ça, malheureusement, plus ou moins selon les tempéraments. Avoir l’esprit d’escalier, c’est extrêmement énervant.

Karine Dijoud

 

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