Langue française : Brillez en société et impressionnez vos interlocuteurs avec cette liste de mots et expressions recherchés

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La langue française regorge d’expressions et de mots plus inventifs les uns que les autres. Découvrez notre sélection de termes recherchés pour exprimer de façon juste votre pensée, qu’il s’agisse de qualifier la beauté d’une œuvre, ou la crasse incompétence d’un de vos collègues. Soyez disert, et vous vous démarquerez !

Comment remplacer « c’est trop beau », qui s’est introduit dans le langage comme un parasite ? C’est un réflexe sympathique certes, mais paresseux. On l’emploie pour tout : un paysage, un spectacle, un sac à main, un plat. Cette émotion est sincère, certes, mais pauvre du point de vue lexical. En réalité, dire « c’est trop beau », ça ne décrit rien. Ça évoque juste une émotion et cela signifie « ça me plaît beaucoup ». C’est dommage, car nous disposons en français d’une multitude de mots pour traduire la beauté et l’émotion qu’elle suscite.

Pour un paysage, on peut mettre en avant ce qu’on ressent. Ainsi, un panorama peut être grandiose, saisissant ou vertigineux. Quant à la campagne brumeuse au cœur de l’automne, elle peut être poétique, mélancolique ou silencieuse. Ce sont ici des hypallages. Cette figure de style consiste à prêter des caractéristiques humaines à des objets ou à des lieux. Si on souhaite décrire le paysage en tant que tel, on pourra dire que la mer au crépuscule est chatoyante, flamboyante ou infinie. Chaque mot apporte une couleur, une texture et un regard personnel.

Relevez vos prises de paroles en employant des mots comme « majestueux », « palpitant », « vibrant »

Si on contemple une œuvre d’art, que dit-on ? Imaginons une sculpture, la Victoire de Samothrace, par exemple. On pourra décrire sa forme et son mouvement et dire qu’elle est aérienne, dynamique, puissante, triomphante. Pour évoquer la matière et le travail du sculpteur, on pourra parler d’un marbre éclatant ou d’une surface vibrante. Et on peut aussi dire qu’elle est ciselée, taillée avec véhémence et que la statue est palpitante ou animée, car la pierre semble respirer. Enfin, pour décrire l’impression générale, on pourra dire qu’elle est majestueuse, souveraine, impériale, ce qui la rend aux yeux du spectateur saisissante, émouvante et magnétique.

Remy de la Mauviniere/AP/SIPA

 

On évitera donc de dire qu’elle est trop belle. Un mot sur le fameux « c’est incroyable » qu’on l’entend partout. C’est le jumeau fainéant de « trop beau ». Et pourtant, il a une myriade de remplaçants potentiels. Ainsi pour un feu d’artifice, on dira qu’il est éblouissant, un opéra sera bouleversant, un événement inattendu sera quant à lui inouï, stupéfiant ou sidérant.

Si le champ lexical de la beauté est vaste, celui de l’incompétence est lui aussi fertile, même s’il est facile de dire « c’est n’importe quoi » ou « il y a rien qui va ». Connaissez-vous le mot « impéritie » ? C’est un terme rare qui revient sur le devant de la scène. Il désigne un manque d’aptitude dans la profession ou la fonction qu’on exerce. Le dictionnaire Le Robert en ligne nous donne un exemple éloquent : l’impéritie d’un ministre. C’est un mot plus soutenu et plus précis que le terme incompétence. Ce mot vient du latin, le préfixe négatif in suivi de peritus qui signifie habile. Donc impéritie, ça veut dire inhabileté, inexpérience.

Le pusillanime fuit la décision, un mot recherché cité chez Molière

« Kakistocratie » est lui aussi en vogue, on le voit de plus en plus sur les réseaux sociaux. C’est un mot formé à partir du grec kakistos, superlatif de kakos, signifiant mauvais. Kakisto signifie donc le pire, et le suffixe -cratie vient du grec kratos, le pouvoir. Le terme kakistocratie est donc un néologisme, formé comme les mots démocratie ou bureaucratie. La kakistocratie, quant à elle, désigne le pouvoir des pires et décrit un système où les postes à responsabilité sont occupés par les individus les moins qualifiés ou les plus corrompus.

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Il y a aussi la « pusillanimité », un très joli mot qui désigne la timidité de l’âme. Le pusillanime hésite, tergiverse, fuit la décision. Il ne manque pas d’intelligence, mais de courage. On en perçoit bien le sens dans cette citation de Molière dans Les Fourberies de Scapin : « Je hais ces cœurs pusillanimes, qui pour trop prévoir les suites des choses, n’osent rien entreprendre. » Ce terme vient des mots latins pusillus animus signifiant petit esprit, petit courage. Les deux L de ce mot se prononcent comme dans « tranquille ». Pour désigner l’incompétence, on peut aussi parler d’ineptie, de bêtise, de fatuité…

Karine Dijoud

 

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