Langue française : « Travail » vient de « torture » ? C’est faux ! Découvrez la vraie étymologie de ce mot et épatez vos collègues

iStock

Travail est tiré du mot torture. Il s’agit d’une idée fausse, une légende urbaine qui se répand, illustrant parfaitement, pour certains, la charge que peut représenter un emploi. Mais la vérité est toute autre ! En réalité, l’origine du mot travail n’est pas aussi sombre qu’on l’imagine.

L’éminent linguiste Alain Rey a écrit que le mot travail proviendrait du latin trepalium ou tripalium, désignant un instrument de torture. Une interprétation qui s’appuie sur l’usage du terme dans un contexte médical : il était employé pour parler des douleurs de l’enfantement. C’est d’ailleurs encore le cas aujourd’hui, on dit que le « travail commence » lorsqu’une femme ressent les contractions qui conduiront à l’accouchement. On parle aussi de « salle de travail ».

Désignant spécifiquement ce moment de la vie d’une femme, le sens du mot travail change au 15ème siècle, et devient plus neutre. Il remplace progressivement « labeur », désignant une activité productive, mais dénuée de la connotation de souffrance. Travail ne serait donc pas issu de torture.

Aucuns travaux : la tournure est-elle correcte ?

Emile Littré et Michel Bréal, deux linguistes de renom, proposent une origine différente : il dériverait du latin trabs, signifiant « poutre », qui a donné naissance à « travée » et « entraver ». Selon cette hypothèse, travail conserve l’idée de contrainte, mais on reste loin de la torture. 

A lire aussi

 

Rappelons aussi qu’au pluriel, le sens change. Au 17ème siècle, travaux désigne des entreprises difficiles et périlleuses qui apportent la gloire. On peut penser par exemple aux célèbres Travaux d’Hercule. Puis au 19ème siècle, les travaux publics désignent les travaux de voirie. J’en profite pour rappeler une règle d’accord un peu surprenante. On peut dire qu’un appartement ne nécessite « aucuns travaux » . La tournure est correcte, il faut un « s » à « aucun », mais c’est la seule exception. 

Karine Dijoud

 

Retrouvez la chronique Et si on parlait français ?