Franz-Olivier Giesbert : « Les réseaux sociaux ne peuvent pas être les boucs émissaires de tous nos maux »

SYSPEO/SIPA

Comment réguler l’usage des réseaux sociaux ? C’est la question soulevée après une énième désinformation d’ampleur, puisqu’elle a alerté jusqu’à un chef d’état africain : celle d’un coup d’état en France. L’éditorialiste Franz-Olivier Giesbert a réagi ce jeudi à cette nouvelle fake news, et à la campagne d’Emmanuel Macron pour empêcher les jeunes d’avoir accès aux réseaux avant l’âge de 15 ou 16 ans. « Il en fait trop », selon lui.

Franz-Olivier Giesbert était au micro de David Abiker ce jeudi pour Esprits Libres. Il est revenu sur la volonté d’Emmanuel Macron d’interdire aux plus jeunes l’usage des réseaux sociaux. Une idée qu’il approuve, mais il alerte sur ce qui pourrait être un coup d’épée dans l’eau.

Emmanuel Macron a relancé sa croisade contre les réseaux sociaux dans La Provence hier. Il y a un consensus, tout le monde est contre les réseaux sociaux maintenant. 

FRANZ-OLIVIER GIESBERT : On pourrait imaginer aussi une interdiction du même genre pour les jeux vidéo. Cela étant, sur les réseaux sociaux, le président en fait sans doute beaucoup trop quand il déclare qu’ils mettent en danger la République, notamment avec des ingérences étrangères de la Russie. Les rumeurs et la désinformation sont de toutes les époques. L’un de nos grands humoristes nationaux, Michel Audiard, disait : « J’ai été ancien combattant, socialiste et bistro, c’est dire si dans ma vie j’en ai entendu des bêtises. » À cette aune-là, Macron dirait qu’il faut supprimer les bistrots parce qu’ils mettent en danger la République.

Franz-Olivier Giesbert : « Apprendre l’esprit critique, c’est le rôle du gouvernement »

Mais les réseaux sociaux ne peuvent pas être les boucs émissaires de tous nos maux. Ils sont souvent un complément utile à la presse d’information, à condition de ne pas tout prendre pour argent comptant. Il y a beaucoup de petits malins qui bidonnent et fabriquent des fake news avec des vidéos générées par l’intelligence artificielle, comme l’histoire du faux coup d’État en France.

Une fake news créée par un jeune Burkinabé à peine majeur, qui fait ça comme ça pour s’amuser !

F-O. G. : On pouvait voir qu’il y avait un problème avec cette vidéo. Mais nous sommes dans une société où tous les consommateurs de vidéos se croient journalistes. Il faut juste leur apprendre l’esprit critique. C’est le rôle du gouvernement, de l’Éducation nationale.

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Sur les réseaux sociaux, il y a le meilleur et le pire : des vérités qu’on veut nous cacher ou des manipulations pour nous enfumer. C’est à l’utilisateur de vérifier.

 

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