Certains termes de la langue française ont malheureusement été oubliés au fil du temps, y compris ceux qui désignent des objets de tous les jours, ou des parties de notre corps parfaitement visibles. Pour réparer cette injustice, et au passage marquer les esprits en employant le mot parfait, découvrez cette liste de mots désignant avec justesse ces objets qui nous entourent.
« Ardillon », « virole » ou « crépine » : ces mots ressemblent peut-être à des insultes ou à des pathologies, mais ils désignent pourtant des accessoires méconnus. Commençons par l’ardillon, cet élément essentiel de la ceinture. Il s’agit de la tige métallique qui passe dans les perforations. Elle peut aussi s’appeler « dent ». Le terme ardillon désigne également un hameçon.

La virole est la bague métallique qui maintient la gomme sur un crayon à papier – que l’on nomme aussi crayon gris ou crayon de bois selon les régions. Et le petit morceau de papier qui reste dans un carnet après qu’on en a arraché une feuille ? Lui aussi porte un nom ! C’est le mouchon.
Quant à la crépine, il s’agit de l’élément métallique qui retient ce que nous jetons dans l’évier, indispensable pour éviter les canalisations bouchées. Avec l’industrialisation et la disparition progressive des métiers manuels, nous avons perdu l’usage de ces termes précis qui désignaient chaque partie de nos objets.
Connaître le nom précis d’un accessoire est très pratique pour ses recherches sur internet
Comment désigner les différentes parties d’une cuillère ? Il y a d’un côté le manche, et de l’autre, la partie ronde et creuse, qui porte le nom de cuilleron. Les bouts de lacets se nomment les ferrets, si l’embout est en fer, ou les aglets. L’élément métallique que l’on remonte sur une fermeture éclair ? C’est le curseur. Le marteau possède une table, le côté plat, et une panne, l’autre côté de la partie métallique, généralement biseautée ou fendue pour arracher les clous.
Le monnayeur désigne l’accessoire fixé au caddie des supermarchés qui permet de recueillir les jetons ou les pièces. Un terme pragmatique qui partage, tout comme Les Faux-Monnayeurs d’André Gide, fait référence à la monnaie.
Il n’y a pas que l’index et le majeur pour les doigts, les orteils aussi ont leurs noms !
Terminons par ces parties du corps qui portent un nom, et qui pourraient vous être indispensable lors d’un rendez-vous chez le médecin. Le petit creux au-dessus de la lèvre supérieure porte le joli nom de philtrum. La légende raconte que ce creux est dû à la trace du doigt d’un ange posé sur la bouche du bébé juste après sa naissance. L’ourlet central de la lèvre supérieure, en raison de sa forme caractéristique, s’appelle l’arc de Cupidon.

Nous connaissons tous le pouce, le plus gros ; l’index, le doigt qui montre, qui indique ; le majeur, le plus grand ; l’annulaire, sur lequel on met l’anneau et l’auriculaire, le plus petit, qu’on peut insérer dans l’oreille. Mais quel est le nom de chaque orteil – et non « doigt de pied », expression encore trop souvent employée ?
Le gros orteil se nomme hallux. On parle d’ailleurs d’hallux valgus pour désigner une déformation courante. Le deuxième orteil est appelé secundus, « deuxième » en latin, ou depassus. Le troisième est le tertius (« troisième » en latin) ou centrus (qui signifie « au centre »). Le quatrième se nomme quartus ou pre-exterius (juste avant l’extérieur). Enfin, le petit orteil s’appelle quintus ou exterius. Tout est finalement assez logique.
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Un dernier détail anatomique, les poils à l’intérieur des narines portent un nom scientifique : les vibrisses. Ces poils minuscules filtrent l’air et nous protègent. Il ne faut d’ailleurs pas les épiler : les vibrisses sont vos amis !
Karine Dijoud
Retrouvez la chronique Et si on parlait français ?