Populaire, aimé et souvent incompris, c’est au terme de douze années de pontificat que le pape François s’est éteint hier à 7h35 au Vatican. Ses funérailles auront lieu samedi prochain à 10h. Ce pape venu du « bout du monde » était différent de ses prédécesseurs comme l’explique le théologien Jean-François Colosimo, invité de la matinale.
Le pape François est le premier jésuite à devenir pape. « Est-ce qu’il a été progressiste, de gauche ou révolutionnaire ? Moi, je ne crois pas à ça. On n’a pas compris quel a été son dispositif, on n’a pas compris qu’il est réellement jésuite, un militant au service de l’Evangile. » Les jésuites ont pour devise « l’obéissance jusqu‘au cadavre », et le souverain pontife était justement connu pour sa grande ténacité. Il est même apparu ce dimanche, la veille de sa mort, sur la place Saint-Pierre, pour donner la bénédiction Urbi et Orbi à l’occasion des fêtes de Pâques.
Un pape révolutionnaire
Soutane blanche et simples chaussures noires, le pape François s’habillait toujours très sobrement. Il refusait toute barrière avec ses fidèles et n’hésitait pas à s’arrêter pour discuter avec un passant. Il a voulu changer la manière dont était perçue l’Eglise en inversant la méthode, indique Jean-François Colosimo. « Au lieu de dire que l’Eglise est là pour vous enseigner et si vous n’obéissez pas, pour vous juger, il dit que l’Eglise est là pour vous accueillir, pour vous recevoir », poursuit-il, résumant l’idée par cette phrase : « venez comme vous êtes ! »
Le pape était un homme de combat : « il se faisait son idée de ce qui se passait à Gaza en téléphonant au prêtre argentin de Gaza tous les soirs », révèle l’historien Jean-François Colosimo, auteur du livre Occident, ennemi mondial n°1, aux éditions Albin Michel. Lors de ces coups de fils le pape demandait toujours à pouvoir parler directement avec les chrétiens de Gaza pour s’assurer qu’ils aient assez d’eau et de nourriture.
François adulé à l’extérieur, controversé à l’intérieur
Le pape François n’a pour autant pas tout changé. Il a fait sa révolution tout gardant sa position sur l’avortement et le célibat des prêtres, indique le théologien : « doctrinalement, il est pape, il est catholique, du point de vue de la doctrine, on ne bouge pas ». Il ajoute « c’est ce mélange qui a fait qu’il était un pape si adulé à l’extérieur de l’église et si controversé à l’intérieur. »
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Pour l’instant, le visage du futur pape ne se dessine pas encore. Serait-t-il possible que le prochain soit Français ? « La France a perdu de son influence. Le seul qui peut prétendre à une telle place serait l’archevêque de Marseille Jean-Marc Aveline. » Le conclave chargé d’élire le nouveau pape doit débuter dans quinze à vingt jours. Une fois réunis il faudra encore attendre jusqu’à six jours avant de pouvoir les entendre déclarer « Habemus Papam ».
Alessandra Wyak
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