C’est un lundi noir en vue pour l’économie mondiale, après les annonces de Donald Trump d’augmenter les tarifs douaniers et la réplique chinoise. Le docteur en géopolitique Frédéric Encel, auteur de La Guerre mondiale n’aura pas lieu aux éditions Odile Jacob, était l’invité de la matinale de David Abiker sur Radio Classique.
Peut-on faire une lecture géopolitique de la décision du président des Etats-Unis d’augmenter drastiquement les droits de douane de son pays ?
Ce n’est pas l’avis du spécialiste Frédéric Encel, maître de conférence à Sciences-Po Paris. Selon lui « Trump fait tout ce qu’il a dit en suivant sa boussole, c’est-à-dire le mercantilisme absolu ».
Chez lui, « pas d’ennemi ou de partenaire », mais cette question : « combien cela me coûte ? Combien cela me rapporte ? », analyse l’invité de David Abiker, qui poursuit : « on aurait tort de chercher une couche philosophie ou même géopolitique ».
Une logique strictement économique dans les différences de taxation
Il faut chercher les raisons de cette décision radicale plutôt dans l’agenda présidentiel : Trump « dispose pour au moins deux ans – jusqu’aux mid-terms – de l’intégralité des instruments de politiques intérieure et extérieure. Pourquoi s’en priver ? »
Frédéric Encel voit également dans les différences de taxation des pays « une logique strictement économique ». L’Arabie Saoudite et la Corée du Sud sont relativement épargnés, explique le géopolitologue, à l’inverse de pays du sud dont Trump « se fiche complètement et qu’il ne saurait pas placer sur une carte ».
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Les Européens, eux, sont méprisés « jusqu’à la vulgarité », alors qu’ils restent officiellement des alliés. Frédéric Encel déplore le manque de volonté des 27 de tenir face aux Etats-Unis. « Regardez à quel point Trump et ses prédécesseurs souhaitent ou ont souhaité maintenir un rapport de force extrême avec la Chine. L’Europe là-dedans risque de devenir un fétu de paille balloté par l’Histoire ».
Béatrice Mouedine
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