Guerre en Ukraine : L’Europe tente de se réarmer, la question des avoirs russes en suspend

Lafargue Raphael-POOL/SIPA

30 jours de cessez-le-feu sur le front ukrainien, c’est la proposition des Etats-Unis, acceptée par l’Ukraine. Encore faut-il planifier des garanties de sécurité : c’est l’appel d’Emmanuel Macron à une trentaine de pays.

Ces négociations autour d’une trêve se font sans l’Union européenne, laissée sur le banc de touche. Pour l’ancienne ministre des Affaires européennes et eurodéputée macroniste Nathalie Loiseau, cet accord n’est en l’état pas suffisant pour garantir la paix en Ukraine et en Europe. Elle assure que « tout le monde veut un cessez-le-feu, sauf peut-être la Russie » et ironise : « on va voir si Donald Trump est capable d’obtenir un cessez-le-feu de la part de l’armée russe ». 

Citant la volonté de Moscou de ne pas voir de troupes européennes dans le cadre d’un accord de paix, elle ajoute « qu’est-ce que ça veut dire ? Que la Russie a toujours pour projet de continuer à attaquer l’Ukraine ? » Elle plaide pour que les Européens, « en première ligne », donnent des garanties de sécurité sérieuses à Kiev. « Les Américains ne peuvent pas détourner le regard et s’intéresser à l’Ukraine [uniquement] parce qu’il y a des terres rares ». 

Le RN ne veut pas d’une Europe de la Défense

En parallèle de ces négociations, la Commission européenne prépare de son côté un plan pour « Réarmer l’Europe » à hauteur de 800 milliards d’euros. Un projet qui suscite l’opposition du 3ème groupe dans l’hémicycle strasbourgeois : celui des « Patriotes pour l’Europe » qui a à sa tête Jordan Bardella. Le président du RN ne veut pas entendre parler non plus d’une Europe de la défense. Il y voit « une volonté belliqueuse », et estime que la Commission européenne « utilise les crises pour s’approprier des compétences qui ne sont pas les siennes ». « La défense est une compétence nationale » assure-t-il

Au-delà de ces réticences d’ordre politique, la question est aussi de financer ce grand plan. Parmi les pistes évoquées, la saisie des avoirs russes gelés par l’Union européenne : 235 milliards d’euros qui pourraient servir à l’Ukraine. Sur ce sujet, les états-membres sont divisés et la France est contre.

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L’eurodéputé MoDem Christophe Grudler propose un compromis, que ces avoirs russes servent de caution. « L’Ukraine, qui est agressée dans son droit international, [pourrait invoquer] des mécanismes de défense et de reconstruction, lui permettant d’obtenir des emprunts auprès de banques traditionnelles, européennes ou américaines ». Les avoirs russes continueraient à être gelés au profit de la garantie de l’emprunt sollicité par les Ukrainiens. « Plus qu’une pirouette, c’est un vrai moyen juridique », défend le député européen.

Laurie-Anne-Toulemont

 

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