Donald Trump vient de conditionner la poursuite du soutien financier aux centres de recherches à l’exclusion de certains mots. Le président américain veut éliminer notamment les expressions « changement climatique » ou « émissions de gaz à effet de serre ».
« On nage en plein délire », estime Luc Ferry dans l’émission Esprits libres de ce lundi 10 mars. Le philosophe établit un lien direct entre cette annonce de la Maison-Blanche et le wokisme qui sévit selon lui dans les universités, évoquant notamment « les sensitive readers, chargés de corriger les mots qui peuvent choquer telle ou telle communauté ».
Il cite aussi le cas de féministes américaines refusant de parler de séminaire – un terme qu’elles jugeaient trop masculin – pour lui préférer le terme d’« ovarium ». Cette liste de mots interdits par Trump est selon l’ancien ministre de l’Education « un retour de balancier, et Trump est aussi bête que le wokisme ».
« La liberté d’expression est archi-muselée aux Etats-Unis »
C’est en tous cas une tentative de maîtrise des mots, souligne David Abiker : « on est chez Orwell, avec la novelangue (un langage qui doit éliminer les aspects individuels NDR), c’est le début de la dictature ». Une analyse approuvée par Luc Ferry, qui s’indigne de voir le vice-président américain JD Vance encensé dans les milieux de la droite française pour avoir promu la liberté d’expression outre-Atlantique. « Mais la liberté d’expression est archi-muselée aux Etats-Unis, mille fois plus qu’en Europe », s’agace le philosophe.
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« Elle est muselée d’un côté par les wokistes dans les universités », poursuit-il, ajoutant que « de l’autre, Trump édite une liste de mots qu’on ne peut plus utiliser. C’est d’autant plus dangereux que c’est sous peine de supprimer des financements [à la communauté scientifique]».
Béatrice Mouedine
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