Ces tubes sont inspirés par la musique classique, et vous ne le saviez (peut-être) pas !

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Nombreux sont les artistes contemporains à avoir puisé dans le répertoire classique. Le plus célèbre d’entre eux est sans aucun doute Serge Gainsbourg, à qui on a parfois même reproché d’avoir usurpé certaines mélodies. La rédaction de radioclassique.fr a quant à elle souhaité vous faire partager des hits méconnus pour leurs emprunts au 4è art. En passant des Beatles à Donna Summer, on vous dit tout sur ces succès internationaux dont on ignore souvent l’origine musicale.

Because The Beatles, inspiré par la Sonate pour piano n°14 en do dièse mineur Opus 27 n°2 « Clair de lune » de Beethoven

Because est une chanson des Beatles parue sur l’album Abbey Road en septembre 1969 en Grande-Bretagne. Dans ce morceau, les Beatles font usage d’un clavecin électrique. La mélodie jouée par l’instrument baroque nous rappelle étrangement un air connu. En effet, la naissance de la chanson voit le jour grâce à Yoko Ono qui s’amusait à jouer au piano la fameuse « Sonate Clair de lune » de Beethoven. John Lennon lui aurait demandé de rejouer cette mélodie mais cette fois-ci à l’envers et c’est ainsi que naquit la mélodie de la chanson. Preuve en est que le répertoire classique à su se pérenniser afin de donner des versions plus actuelles de l’œuvre originale et ce, même si elles sont jouées à l’envers.

Grace Kelly de Mika, issu de l’air Largo al factotum, tiré du Barbier de Séville de Gioacchino Rossini

Sorti en 2007 sur l’album Life in Cartoon Motion, Grace Kelly est un des premiers hits pop ayant contribué à la notoriété de Mika. Le chanteur revendique lui-même avoir puisé son inspiration dans le répertoire de l’opéra pour la composition de son titre. Pour cela il s’est grandement inspiré de la partition de l’opéra du Barbier de Séville de Rossini. L’air du Largo al factotum présente en effet bien des similitudes avec celui de Grace Kelly : reprises d’accords communs, et répétitions des mêmes rythmes et du tempo rapide. Mika a réussi à moderniser avec brio un des airs les plus connus de l’opéra italien puisqu’il est tout de même difficile, au premier abord, de déceler des similitudes entre les deux morceaux.

Donna Summer, Could it be magic rappelle le Prélude N° 20, Opus 28 de Frédéric Chopin

On pourrait presque ici qualifier ce tube, datant de 1976, de remix. En pleine effervescence du disco, Donna Summer reprend comme mélodie de son hit, celle du Prélude N°20 en do mineur, Opus 28 de Frédéric Chopin. Pourquoi parler ici de remix ? Tout simplement parce que la mélodie reste exactement la même que celle du compositeur romantique. C’est l’ajout d’ornements musicaux propres à la musique disco qui vient moderniser ce prélude. Destiné à être dansé, le disco se démarque par son orchestration riche, un rythme effréné, ainsi que l’ajout de paroles qui doivent surtout donner l’envie de « groover ». Donna Summer aura réussi à transformer une œuvre classique à l’image plutôt sombre – puisque jouée en mineur- en un véritable tube pour faire la fête.

A Whiter Shade of Pale de Procol Harum a des airs de la Suite pour orchestre n°3 en ré majeur de Jean-Sébastien Bach

Procol Harum est un groupe anglais qui connaît un réel succès avec sa chanson A Whiter Shade of Pale sortie en 1967. Inconnu avant la parution de ce single, le groupe atteint la première place du hit-parade dans de nombreux pays et devient un slow mémorable que vous peut-être déjà dansé. En fait, Procol Harum a basé son titre A Whiter Shade of Pale sur l’esthétique musicale de Jean-Sébastien Bach. On peut y reconnaître l’air de la Suite pour orchestre n°3 en ré majeur du compositeur baroque. Si ces mélodies se ressemblent, les notes utilisées pour la mélodie pop ne sont pas dans le même ordre que celles de la mélodie baroque. En effet, la grille harmonique reste la même mais la mélodie elle, est différente et c’est là qu’est toute la subtilité de la comparaison entre ces deux titres. L’utilisation de l’orgue dans ce morceau est également un clin d’œil à l’instrument fétiche de Jean-Sébastien Bach. Un esthétisme baroque inspirateur pour le groupe anglais donc et qui s’apparente davantage à un hommage plus qu’à une copie.

 

La Maladie d’amour de Michel Sardou, dans laquelle on retrouve le Canon en ré majeur de Johann Pachelbel

Pachelbel est sans doute le compositeur classique à qui la musique populaire a le plus emprunté. Il n’est même plus nécessaire de présenter son fameux Canon que l’on a tous fredonné et entendu, sans même parfois le savoir, à la radio ou dans nos écouteurs. Il n’est pas évident encore une fois de déceler les similitudes musicales. Mais si l’on écoute avec plus d’attention ce morceau baroque on s’aperçoit qu’il a la faculté de se prêter à tous les styles musicaux : des Pet Shop Boys avec Go West, à Maroon 5 avec Memories ou encore Michel Polnareff avec son Tout tout pour ma chérie … Même Michel Sardou s’est inspiré de sa ligne harmonique pour construire la mélodie de son tube La Maladie d’amour. Le Canon de Pachelbel pourrait même être considéré comme un tube à part entière de l’époque baroque tant cette musique a été reprise maintes et maintes fois pour alimenter d’innombrables musiques actuelles et de variétés.

Les notes du Concerto pour piano n°2 de Sergueï Rachmaninov à retrouver dans le titre All by myself d’Eric Carmen

Pour clôturer cette playlist de hits il nous semblait essentiel de mentionner Eric Carmen et son disque d’or All by Myself . Ici il ne s’agit plus vraiment d’inspiration de la musique classique mais bel et bien d’un plagiat. Si les œuvres musicales tombent dans le domaine public au bout de 70 ans après la mort du compositeur, Eric Carmen n’aura pas attendu ce délai en sortant son hit en 1975. En effet, le couplet de sa chanson est exactement – à la note près – le même thème musical que le Concerto n°2 pour piano de Sergueï Rachmaninov décédé en 1943. Le chanteur n’aura attendu que 32 ans pour utiliser cet air et a donc été condamné pour plagiat en étant obligé de verser une somme aux ayants droits du compositeur et en mentionnant le nom de Rachmaninov comme auteur. Cela ne l’a pas empêché de faire de cette chanson un tube interplanétaire repris quelques années plus tard par Céline Dion. On vous laisse en juger par vous-même mais la similitude des deux œuvres est pour le coup, flagrante !

 

Ondine Guillaume

A partir du 30 octobre, ne manquez pas le rendez-vous de Julie Terranti : chaque week-end à 16h, elle vous parlera de ces morceaux de musique classique qui ont inspiré les autres arts !

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