Le plus grand réseau professionnel sur Internet au monde, LinkedIn, fête ses 20 ans. Avec 930 millions d’utilisateurs, la plateforme est devenue un mastodonte économique. Une réussite qui s’explique par plusieurs facteurs, à l’aube de nouveaux défis, avec l’essor de l’intelligence artificielle.
LinkedIn est un réseau social avec un positionnement très différent des autres. Sur TikTok et Snapchat, ce sont surtout des jeunes qui parlent aux jeunes. Instagram est, quant à lui, le paradis des influenceurs. Twitter est un mélange de vidéos farfelues et de machine à rumeurs ou à informations.
Mais LinkedIn, c’est le réseau social des professionnels : une plateforme sur laquelle on poste son CV, où on parle de son travail ou de sa vision du monde des affaires. Enfin, LinkedIn est l’endroit idéal pour faire du networking, pour créer et entretenir ses relations professionnelles.
LinkedIn vend des espaces publicitaires et des outils de formation
Il est difficile de connaître la rentabilité exacte de la plateforme mais on sait que c’est l’une des machines à cash de Microsoft. Quand, en 2016, le géant de l’informatique a dépensé 27 milliards pour racheter LinkedIn, certains avaient crié au scandale. A l’époque, le réseau social faisait à peine 3 milliards de chiffre d’affaires. Il en fera plus de 15 cette année, 5 fois plus en 7 ans.
Le secret de LinkedIn repose sur leur vivier d’utilisateurs avec 920 millions de CV ou de profils de professionnels. Toutes les secondes, 5 membres rejoignent le réseau. Au point de devenir un outil indispensable pour les DRH et les chasseurs de tête.
Cela leur permet de trouver des talents, de faire des recherches pointues et de s’adresser directement à des candidats potentiels pour une embauche. Ce service est forcément payant et c’est en grande partie de cette manière que LinkedIn – qui vend aussi des espaces publicitaires et des outils de formation – peut remplir son coffre-fort à dollars.
Quels sont les défis du groupe dans les années à venir ?
Dans une interview accordée aux Echos ce jeudi, le PDG de LinkedIn, Ryan Roslansky, a listé plusieurs défis qui attendent son réseau. Le premier, c’est d’intégrer l’intelligence artificielle et d’en faire un outil qui ne concurrence pas LinkedIn. L’IA doit permettre au groupe d’offrir de meilleurs services aux DRH, en aidant à faire le tri, en envoyant un premier mail ou en assurant les relances de notifications.
L’autre défi est de passer d’un site essentiellement utilisé pour le monde des cadres à un site pour l’emploi de tous, y compris pour ceux qui sont peu qualifiés. Et, pour générer de la croissance, il faudra aussi trouver de nouveaux relais. Une des pistes est de devenir un site capable de proposer de la formation permanente car il est évident que l’accélération des progrès technologiques requière une formation toute sa vie durant.
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L’époque où chacun devait apprendre à l’école ou lors de ses premières années de formation est révolue. Aujourd’hui, il faut rester pointu pour ne pas être dépassé et le PDG de LinkedIn l’a encore répété. La guerre des talents en marche implique une guerre des compétences.