La France a décidé de s’attaquer aux dérives des influenceurs. Ces personnes abuseraient parfois de leur notoriété sur les réseaux sociaux.
Le marché des influenceurs devrait passer le cap des 20 milliards de dollars dans le monde
On peut le dire, les influenceurs sont de plus en plus dans le viseur des régulateurs. A Bruxelles, à Bercy, à l’Assemblée nationale, on présente des textes qui visent à mieux encadrer les pratiques de ceux qui, en passant par des vidéos sur YouTube ou TikTok, gagnent de l’argent en faisant la promotion de crèmes de beauté, de voitures, de destinations de voyages, mais aussi parfois de placements financiers présentés comme miraculeux, d’alcools auprès de mineurs ou d’opérations esthétiques dangereuses. On le sait, il y a des excès et des abus et il convient donc, de fixer des règles. Les régulateurs veulent que les influenceurs signalent lorsque ceux-ci sont payés pour faire la promotion d’un article ou d’un service. Et il faudrait qu’ils n’aient pas le droit de promouvoir des choses interdites ou de passer par des vidéos truquées, ce qui semble logique.
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Le marché des influenceurs est colossal. A côté de la publicité classique, c’est un marché qui devrait passer, cette année, le cap des 20 milliards de dollars dans le monde. Il aura doublé en cinq ans. En France, on aurait déjà plus de 150.000 personnes qui gagnent de quelques centaines à quelques centaines de milliers d’euros en monétisant leur notoriété auprès d’une audience qui passe de plus en plus de temps devant les écrans. C’est un segment en très forte croissance, car c’est une communication efficace. Un influenceur peut avoir une audience en millions de personnes. Il peut prendre son temps, il peut s’adresser à des niches précises. Il peut aussi tisser un lien de confiance. On est parfois à mi-chemin entre la vidéo pédagogique ou le conseil – qui peut sembler désintéressé – d’un copain et un spot publicitaire. C’est donc très efficace et cela séduit de plus en plus les marques.
Internet et les réseaux sociaux doivent rester un terrain d’une forme de libre expression
Cela paraît donc logique de réguler. C’est comme pour tout, il faudrait éviter les excès. Mais attention, en voulant bien faire, en voulant punir quelques stars de la téléréalité qui – pour échapper aux impôts et aux règles – enregistrent des vidéos depuis Dubaï, il ne faudrait pas que l’on imagine des règles trop dures et trop compliquées à appliquer qui vont surtout rendre la vie impossible à des influenceurs respectables. Internet et les réseaux sociaux doivent aussi rester un terrain d’une forme de libre expression. Il faut pouvoir identifier et punir les excès mais il ne faut pas exercer une forme de censure. Il va falloir, comme souvent, trouver le bon dosage. Si on multiplie les bandeaux disant « attention publicité », si on interdit trop de thèmes, on infantilise aussi le grand public qui doit être alerté et éduqué, qui ne doit pas être trompé ou arnaqué, mais qui doit aussi faire preuve d’un sens critique.
David Barroux