Voici trois mots qu’on entend parfois lors de sessions de formation, et dont le sens ne s’impose pas immédiatement : « congruent », « heuristique » ou encore « métacognition ». Des termes souvent employés sans explication, qui méritent pourtant qu’on s’y arrête.
Congruent, un mot qu’on retrouve dans l’expression « portion congrue »
Prenons d’abord l’adjectif « congruent ». Attesté dès le XVIe siècle et issu du latin congruere, il renvoie à l’idée d’accord, d’adaptation, de concordance.
En pratique, est congruent ce qui est cohérent, ce qui va ensemble. Pour le psychologue Carl Rogers, la congruence désigne l’accord entre ce que l’on ressent, ce que l’on dit et ce que l’on fait. Le mot appartient à la même famille que l’expression « portion congrue », qui désigne ce qui convient à peine, ou ce qui est accordé au minimum.
Être congruent, c’est donc faire coïncider ses actes, ses paroles et ses ressentis. Un exemple simple permet de le comprendre : le mot « rouge » écrit en rouge est congruent ; écrit en vert, il devient incongruent, ce qui peut perturber la perception et provoquer davantage d’erreurs.
Heuristique, de la même famille que Eurêka !
Autre terme souvent rencontré : « heuristique ». Malgré son « h » initial, il appartient à la même famille que le célèbre « Eurêka ! » grec, qui signifie « j’ai trouvé ».
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Tous deux dérivent du verbe grec heuriskein, « trouver ». Une heuristique est, concrètement, une méthode qui permet d’aboutir à une solution sans passer par une démonstration rigoureuse, en avançant par tâtonnements et à l’aide de règles simples.
La métacognition recouvre une idée essentielle
Enfin, la « métacognition » est un mot de plus en plus présent dans le vocabulaire de la pédagogie.
Son apparente complexité recouvre en réalité une idée essentielle : comprendre sa propre manière de penser et interroger ce que l’on croit savoir. Le terme est formé du préfixe grec méta, qui signifie « au-delà » ou « au-dessus », et de « cognition », c’est-à-dire l’ensemble des processus mentaux liés à la connaissance.
La métacognition est ainsi un levier précieux pour mieux apprendre, en prenant conscience de ses propres mécanismes de compréhension.
Karine Dijoud
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