LR : Xavier Bertrand, une alternative pour les Républicains ou un obstacle supplémentaire à l’union des droites?

Jacques Witt/SIPA

Après son élimination à la primaire pour la présidentielle, Xavier Bertrand revient sur le devant de la scène avec sa nouvelle formation Nous France. Un positionnement précoce pour la prochaine présidentielle qui soulève déjà des questions sur l’avenir de LR et ses guerres intestines.

Xavier Bertrand ne se distingue sur aucun des thèmes défendus par les candidats à la tête de LR

Xavier Bertrand fait parti de ces politiques qui ne renoncent jamais. A la dernière présidentielle, il avait pourtant essuyé un énorme revers. Il s’était déclaré candidat en jurant qu’il ne passerait jamais par une primaire mais il avait dû s’y résoudre. Il a terminé quatrième derrière Eric Ciotti, Valérie Pécresse et Michel Barnier. Moins d’un an plus tard, il remonte sur son cheval et repart avec un objectif bien précis : la prochaine présidentielle. Certains parleront d’entêtement, d’autres d’endurance et de résilience. Rappelons que le président des Hauts-de-France n’a encore que 57 ans.

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Sur la stratégie aussi, Xavier Bertrand change. En 2017, il avait quitté LR pour un départ sans retour. En 2021, il revient chez Les Républicains et promet de ne plus en partir. Aujourd’hui, il est formellement toujours chez LR, mais il lance sa propre structure baptisée Nous France. Au moment où le parti se prépare à élire son nouveau président, Xavier Bertrand se remet à son compte. Les prétendants à la tête du parti – Eric Ciotti, Bruno Retailleau et Aurélien Pradié – soutiennent plus de fermeté dans le régalien et plus de liberté en matière économique. La décentralisation et la fluidité des services publics font aussi parti de leur matrice, tout comme le refus de l’alliance avec Emmanuel Macron ou Marine Le Pen. Cependant, Xavier Bertrand ne se distingue sur aucun de ces thèmes.

Les ténors de LR et Xavier Bertrand refusent de travailler à l’union des droites

Le président des Hauts-de-France veut surtout empêcher Laurent Wauquiez – via Eric Ciotti – de contrôler le parti et de prendre dès maintenant le leadership de la droite. A droite, on est incorrigible et on aime les guerres. La guerre Wauquiez-Bertrand est ainsi déclarée. Xavier Bertrand est peut-être plus au centre que Laurent Wauquiez, mais chacun suspecte l’autre d’intentions forcément coupables d’alliance avec les partis ennemis. Travailler avec Macron ou travailler à l’union des droites sont deux hypothèses aussi bien défendables que critiquables. Mais personne ne revendique aucune de ces deux transgressions. Chacun reste dans le « ni-ni », ni Macron ni Le Pen, persuadé que les électeurs partis reviendront si une droite autonome retrouve des couleurs. De Bruno Retailleau à Eric Ciotti, de Xavier Bertrand à Laurent Wauquiez, tout le monde défend cette ligne. Mais plutôt que d’y travailler ensemble, ils préfèrent se caricaturer mutuellement les uns les autres. Comme si LR n’était pas plus proche du dépôt de bilan que du rebond.

Guillaume Tabard

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