Giacomo Meyerbeer

(1791-1864) Epoque romantique

Comme Luigi Cherubini avant lui ou son compatriote Jacques Offenbach après lui, Giacomo Meyerbeer trouva la consécration en France. Les Huguenots et Robert le diable connaissent aujourd’hui un regain de faveur insigne après avoir été sévèrement jugés durant le XXe siècle. Ces opéras, on a tendance à l’oublier, comptaient parmi les plus joués en leur temps, notamment à Paris. Il faut dire que leur auteur avait senti le vent tourner en faveur du Grand opéra, genre caractérisé par des décors spectaculaires, une intrigue tirée d’un événement historique, une distribution (incluant un corps de ballet) et un orchestre de grande envergure.
Ces éléments, alliés à un métier éprouvé des situations dramatiques et de l’orchestration, se retrouvent naturellement dans ces deux œuvres lyriques les plus célèbres auxquelles il convient d’ajouter Le Prophète, L’Africaine, L’Etoile du nord et plus de soixante mélodies. Mais à la gloire succéda l’oubli, la postérité ne lui pardonnant pas d’avoir réussi là où un Berlioz – qui rêvait de voir ses Troyens à l’affiche de l’Opéra de Paris – faillit. Meyerbeer occupe pourtant, par-delà son habilité et son goût de la séduction, une place incontournable dans l’histoire de la musique ; Wagner a beaucoup appris au contact de ses partitions.