Voitures électriques : Dacia confirme-t-elle sa position de moteur au sein du groupe Renault ?

Jeppe Gustafsson/Shutterstock/SIPA

La filiale du groupe Renault déborde de santé. Le fabricant de la Sandero et du Duster affiche une croissance d’une grande vitalité. Avec plus de 340.000 véhicules écoulés, ses ventes ont bondi de 24 % sur un an, tandis que le groupe a encore gagné des parts de marché au premier semestre, confirmant son poids au sein de la marque au losange.

La croissance du constructeur automobile roumain est tirée vers le haut par l’Europe, où le groupe a progressé quasiment deux fois plus vite que le reste du marché avec des ventes en hausse de près de 30 %. Sa part de marché atteint à présent 4,5 %, quand celle du groupe Renault dans son ensemble approche des 9,5 %.

Rien qu’en France, ses ventes ont bondi de 25 %, mais la marque progresse aussi en Italie, en Espagne et même en Allemagne. La performance est d’autant plus notable que Dacia est quasiment absent du marché de la location d’automobile.

Sur le seul segment des particuliers, sa part de marché grimpe à 8,4 %, ce qui en fait le dauphin de Volkswagen en Europe. La Sandero reste le bestseller du groupe avec 140.000 exemplaires vendus. C’est le modèle le plus vendu auprès des particuliers en Europe depuis maintenant 6 ans et il est bien parti pour un septennat.

Du low cost au confort : Dacia a-t-elle pâti de son repositionnement ?

Dacia cherche à en finir avec son image low cost. En retravaillant le design de ses voitures, la filiale cherche à instiller l’envie d’investir chez les automobilistes. Les nouveaux modèles devaient inspirer la robustesse et l’envie d’aventure. Renault est allé chercher son inspiration chez un ancien de chez Aston Martin.

L’opération lui a permis de monter ses tarifs tout en restant moins cher que la concurrence, avec l’idée de proposer l’essentiel au meilleur prix. Plus question désormais de rogner sur les éléments de conforts, et visiblement cette nouvelle stratégie fonctionne.

Dacia fait la différence avec ses tarifs, mais le secteur automobile pourrait se lancer dans une guerre des prix en fin d’année, alors que l’inflation rogne la demande d’automobile, comme en témoignent les prises de commandes.

Dacia va-t-elle gagner la course de sprint du 100 % électrique ?

Les constructeurs pourraient être tentés par de grosses promos pour vider les parkings de leurs usines. Or, Dacia a pour habitude de ne pas pratiquer de remises en concession, contrairement à ses concurrents.

Le risque porte notamment sur le créneau des voitures électriques avec des concurrents chinois très agressifs. Les ventes ont d’ailleurs un peu ralenti et il y a du stock. Dacia peut cependant compter sur la course de sprint du 100 % électrique, dont les ventes décollent puisqu’elles ont enregistré + 36 % sur un an.

À lire aussi

 

Mais ce n’est pas le seul défi pour la marque qui pâtit aussi d’une pénurie persistante de certaines pièces, qui lui a déjà couté cher au premier semestre, avec un impact sur sa production de voitures au Maroc. Il en a produit 20.000 de moins qu’espéré. Le problème pourrait persister encore dans les prochains mois.

Pierrick Fay

Retrouvez tous les articles liés à l’actualité économique