Pénurie de concentré d’orange : Les rayons de jus seront-ils vides cet été ?

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L’inquiétude monte chez les fabricants de jus d’orange. Le concentré d’orange est en pénurie depuis que la Floride, le Mexique et le Brésil ont été touchés par des catastrophes naturelles. Ce constituant essentiel pour nombre de produits vendus en grande surface et en magasins bio risque de conduire à de graves ruptures de stock cet été.

En mai dernier, les fournisseurs de concentrés brésiliens avaient instauré un système de quotas pour leurs clients. Mais cela n’a pas suffi face à la demande, qui est restée aussi dynamique. Ils évoquent à présent des ruptures de stock inévitables et la pénurie pourrait même durer un peu plus longtemps que prévu.

Le risque c’est qu’en cas de pénurie de ses jus à base de concentré, les clients se ruent sur les autres types de jus d’orange, avec en conséquence des risques ponctuels pour l’approvisionnement des grandes surfaces. Il se pourrait bien que de nombreux rayons soient vides cet été.

Des catastrophes naturelles responsables de la baisse de la production d’oranges

Parce que les mauvaises nouvelles s’accumulent dans les régions de production. Tout est parti de l’ouragan Ian qui a secoué la Floride l’automne dernier. Dans cette région, l’un des premiers producteurs au monde, on a cueilli quatre fois moins d’oranges qu’en temps normal. Pire, en 10 ans, cette production a été divisée par 10.

La quantité de jus est donc insuffisante pour abreuver une population américaine friande de jus d’orange. Jusqu’ici, le Mexique était appelé à la rescousse. Cependant, désormais ce n’est pas un ouragan, mais la sécheresse qui a nui au développement du fruit. Au Mexique, la production a chuté de 30 %, alors que l’autre gros producteur de jus d’orange, l’Espagne souffre également d’une sécheresse désastreuse pour les récoltes dans le sud du pays.

La production brésilienne ne compensera pas les pertes en Floride et au Mexique

Hélas, Zorro n’est pas arrivé pour sauver la saison. Les producteurs de concentré viennent d’annoncer que la production sera plus faible que prévu.  Non pas parce qu’il y a moins de fruits, mais parce que les oranges sont gorgées d’eau. La faute à un phénomène météorologique qui fait la une des journaux : El Nino. Ce dernier a entraîné des pluies diluviennes dans la région de production qui se situe près de Sao Paulo.

Ainsi, là où il fallait 11 tonnes d’orange pour faire une tonne de concentré, il en faut aujourd’hui plus de 15 tonnes. Et les Brésiliens de prévenir : la pénurie pourrait durer au moins un an. La bataille pour obtenir les rares cargaisons fait rage. Et Marie Josée Cougard de raconter dans Les Échos que des bateaux qui faisaient route vers l’Europe, virent brusquement de bord pour gagner les États-Unis, et sont prêts à payer plus cher. Difficile de ne pas penser à l’épisode des masques au début de la pandémie de covid.

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C’est aussi une mauvaise nouvelle pour le portefeuille du consommateur. Le prix du concentré de jus d’orange a doublé depuis le début de l’année 2022, et ce phénomène est appelé à se poursuivre. Ces pénuries devraient se répercuter sur le prix des jus à base de concentré, qui jusque-là avaient le vent en poupe. Nombreux sont en effet les Français qui ont troqué les jus d’orange pure, au profit de ces jus jugés moins chers, ce qui commence à profiter sensiblement au jus de pomme.

Pierrick Fay

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