Elon Musk avoue que Twitter ne séduit plus les annonceurs publicitaires

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Le médiatique propriétaire de Twitter, Elon Musk, a avoué samedi que le réseau social était délaissé par les publicitaires. En répondant à un utilisateur qui l’avait interpellé, il lui a fait cette confidence, à lui et aux 350 millions de Twittos : la plateforme a perdu environ la moitié de ses revenus publicitaires.

Jusqu’ici, Elon Musk avait tenu un discours plus positif… en avril notamment, il avait indiqué que la plupart des annonceurs qui avaient fait défection fin 2022 étaient revenus, en reconnaissant toutefois qu’ils dépensaient moins d’argent sur le site.

Les raisons de la désaffection sont connues. Dans un premier temps, la prise de contrôle à la hussarde de Twitter et sa politique très laxiste en matière de liberté d’expression avaient provoquer une prise de distance de certains gros annonceurs.

La mise en place d’une offre payante d’abonnement avait aussi découragé des utilisateurs influents. Plus récemment, l’idée de limiter à 1000 le nombre de messages lisibles par les non abonnés a brouillé l’image auprès des annonceurs, qui craignent d’être moins visibles sur Twitter.

Twitter pourrait générer 3 milliards de dollars de revenu cette année, 30 % de moins qu’en 2022

Dans ces conditions, Twitter ne se porte pas très bien financièrement. Elon Musk a eu beau procéder à un nettoyage en profondeur des effectifs de son entreprise, avec fort peu d’élégance, la perte de gros annonceurs porte un coup dur aux comptes du groupe.

Selon des analystes, Twitter pourrait générer 3 milliards de dollars de revenu cette année, 30 % de moins qu’en 2022. En conséquence, les flux de trésorerie sont négatifs : en clair, le groupe brûle du cash. La question de la survie reste donc d‘actualité, d’autant que Twitter est plombé par une dette importante.

« Nous devons parvenir à un flux de trésorerie positif avant d’avoir le luxe de faire quoi que ce soit d’autre » a poursuivi Elon Musk samedi comme un aveu d’impuissance. Il compte toutefois sur la nomination de Linda Yaccarino, à la tête du réseau pour relancer la machine. Cette spécialiste de la publicité a fait toute sa carrière dans de grands groupes de medias américains.

Pour Threads, Mark Zuckerberg a embauché des dizaines d’anciens employés de Twitter

Un malheur n’arrivant jamais seul, Twitter fait face à un redoutable rival, Threads. Jusqu’ici la concurrence était assez éparse, avec des plateformes disposant de peu de moyens comme Mastodon. Avec Threads la menace est beaucoup plus forte..

Avec le savoir-faire de Meta en matière publicitaire, avec ses réseaux Facebook et Instagram, le groupe a les poches profondes malgré les milliards évaporés dans le metavers. Il compte bien profiter des déboires de Twitter et revendique déjà 100 millions d’utilisateurs en quelques jours, grâce à la puissance de feu d’Instagram.

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Meta assure qu’il n’est pas là pour remplacer Twitter. On n’est pas obligé de le croire. Mais Elon Musk accuse Mark Zuckerberg d’avoir enfreint des secrets industriels, notamment en embauchant des dizaines d’anciens employés de Twitter.

Pierrick Fay

 

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