RER dans les grandes agglomérations françaises : Un investissement risqué pour le gouvernement ?

UGO AMEZ/SIPA

Les députés examinaient ce lundi 12 juin une proposition de loi sur la mise en place de RER dans les grandes agglomérations françaises. À l’Assemblée nationale, la question du coût financier de ces nouveaux services est au cœur du débat et suscite la perplexité de certains députés, qui voient dans cet investissement un pari risqué.

En novembre dernier, Emmanuel Macron avait surpris en annonçant son projet de développer des services de RER dans les grandes agglomérations régionales. Conçus comme une alternative à l’utilisation de la voiture individuelle, ces services n’avaient pas fait l’unanimité. L’investissement de plusieurs milliards d’euros dans de nouvelles lignes ferroviaires ne paraissait pas envisageable.

Avec le projet de loi débattu ce lundi et qui porte sur ce qui a été baptisé les SERM, les Services Express Régionaux Métropolitains, on commence à y voir plus clair.

Ce projet n’a pas pour vocation de construire de nouvelles lignes de métro et de TER dans les agglomérations régionales, mais d’optimiser l’utilisation de l’infrastructure existante. L’objectif est de faire des gares de véritables plateformes multimodales par une augmentation de la fréquence des trains, des bus et l’ajout d’autres services de transport collectifs.

Les SERM, une optimisation des structures existantes

En région, si les particuliers prennent leur voiture c’est parce que les transports en commun manquent d’efficacité. En nombre trop restreint, ceux-ci ne vont souvent pas assez loin. Le projet des SERM mise donc sur l’augmentation de l’offre pour inciter les particuliers à prendre les transports en commun plutôt que leur propre moyen de locomotion.

Le cadencement constitue donc la clé de réussite du projet. Il suffit qu’un train passe toutes les dix ou quinze minutes, y compris en dehors des heures de pointe, pour que l’offre incite le particulier à y recourir. Celui-ci pourra ainsi avoir l’assurance de rentrer rapidement chez lui et ce, à toutes les heures de la journée.

À Paris, on ne connaît pas les horaires du métro, et s’il nous arrive de rater un train, nous pouvons prendre le prochain. C’est précisément ce service qu’il faut proposer dans nos grandes capitales régionales. Le seul moyen de lutter contre les embouteillages sur les rocades et donc contre la pollution est d’encourager les particuliers à passer par ces transports mutualisés et plus décarbonés.

L’épineuse question du financement des SERM

Ce projet ambitieux a cependant un coût. Si la fréquence des TER augmente, il faudra plus de matériel roulant, de conducteurs et de contrôleurs, alors même que la plupart des trains rouleront à vide.

Le pari des SERM : l’augmentation de l’offre attirera la demande. Plus de gens auront le réflexe TER ou déménageront loin des centres-villes. À Bordeaux par exemple, une augmentation de 10 % de l’offre de transports a fait bondir la fréquentation de ces derniers de 33 %.

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Le projet de loi propose de faciliter le financement des SERM par la création de structures capables de s’endetter, à l’instar de la Société du Grand Paris qui finance les travaux des nouvelles lignes de métro.

Ces investissements colossaux devraient s’élever à plusieurs dizaines de milliards d’euros, sans compter les hausses des dépenses annuelles. L’ambition est noble mais dans une France déjà endettée et surtaxée, il n’est pas certain que la ressource financière ainsi dégagée pour le projet soit suffisante.

David Barroux

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