Rentrée littéraire 2023 : Faut-il s’inquiéter de la baisse du nombre de publications ?

SYSPEO/SIPA

Comme chaque année, fin août, les éditeurs lancent la rentrée littéraire. Cependant, le nombre de publications est à la baisse. Du fait de l’augmentation des coûts de production et de diffusion, les éditeurs se montrent plus sélectifs. Pourtant, ce phénomène pourrait se montrer profitable aux lecteurs, mais aussi aux maisons d’édition.

Qui dit fin d’été dit rentrée littéraire. Comme les courses de fournitures scolaires, c’est un sujet incontournable quand sonne la fin des vacances. Mais cette année, le sujet mérite qu’on s’y intéresse, car on assiste encore à une baisse du nombre de publications.

Au début des années 2000, on avait atteint des sommets avec parfois plus de 700 livres publiés fin août-début septembre. Cette année, on est à peine à un peu plus de 450 publications, soit 5 % de moins que l’an dernier. Certains vont encore parler de surproduction mais il est clair que l’édition a réduit la voilure.

À part Amélie Nothomb qui, comme tous les ans depuis une trentaine d’années, nous propose son roman de rentrée, moins de nouveautés sont attendues de la part des poids lourds du roman, ces machines à gros tirages qui arrivent d’habitude en tête de vente.

Le coût du papier a augmenté de 30 % en 3 ans  

La première raison est sans doute économique. Produire un livre coûte de plus en plus cher. Ce ne sont pas les auteurs qui font flamber la facture. Pour un premier roman, un éditeur n’a pas à consentir d’avance, il paye une petite somme le plus souvent pour un manuscrit reçu par la Poste.

Reste qu’en période d’inflation, la matière première coûte cher. Le coût du papier a flambé de 30 % en trois ans. Quand l’énergie augmente, l’impression et le stockage des livres est plus onéreux. Résultat : le coût des invendus augmente. Ainsi, les auteurs de blockbusters publient moins à la rentrée, car ils peuvent attirer l’attention à n’importe quel moment de l’année et du coup préfèrent éviter l’embouteillage.

Paradoxalement, un trop-plein d’offres peut tuer la demande

Le marché de l’édition est bien sûr tiré par l’offre mais aussi par la demande. Tant qu’il y a des livres, les gros lecteurs qui sont ceux qui tirent le marché vont continuer d’acheter. Le paradoxe c’est même peut-être que trop d’offre tue la demande. Lorsque les nouveautés sont nombreuses, les éditeurs ne savent pas quoi défendre.

Les libraires n’ont pas le temps de tout lire. Ils rencontrent donc plus de difficultés pour conseiller et guider le lecteur qui se trouve parfois un peu perdu. On se noie sous trop de choix. Quand tout le monde est plus sélectif, cela peut être vertueux et permet aux néo-romanciers de se faire mieux connaître.

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Toujours est-il que la rentrée littéraire reste très importante car il s’agit de la première étape avant les prix littéraires de l’automne. Ce sont ensuite les Goncourt, les Renaudot et autres récompenses qui feront les succès de Noël, période qui reste la plus importante pour l’édition. Le succès critique a lieu à la rentrée, tandis que le succès commercial, lui, est réservé à la fin de l’année.

David Barroux

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