Dominique Schelcher, PDG du groupe Système U, rassemblant les enseignes Hyper U, Super U, U Express et Utile, a annoncé aux auditeurs de Radio Classique une baisse significative des « prix sur 300 produits de la marque distributeur ».
Cette opération promotionnelle, qui s’ajoute aux 150 produits déjà en baisse avec le panier anti-inflation, concernera des produits du quotidien : « des haricots verts, du cola – qui a fortement augmenté ces derniers mois -, des conserves de poissons, et plus largement, des produits de tous les rayons, notamment à base de papier, des produits de beauté ».
Une déclaration perçue comme une riposte aux promesses faites par certaines industriels la semaine dernière, qui s’engageaient à baisser leurs prix d’ici septembre. Le dirigeant accuse les industriels de ne pas « jouer le jeu », au grand dam du consommateur français : « Les grandes marques n’accompagnent pas les consommateurs. Elles reconstituent leurs marges, au-delà de la réelle couverture des coûts ».
Dominique Schelcher assure que les industriels ne répercutent pas les baisses de prix des matières premières
« Il y a de petites discussions, mais qui donnent de très maigres résultats. On discute, mais on n’aboutit à rien pour le consommateur. » Dominique Schelcher fait référence au système de fixation des prix entre industriels et distributeurs, qui a lieu annuellement entre le 1er décembre et le 28 février.
« Une exception française » par rapport à ses voisins européens, qui n’est plus adaptée à la situation actuelle. En effet, « les prix des matières premières ne cessent de fluctuer », à commencer par le papier et le café. « On répercute les baisses de prix pour le consommateur, contrairement aux industriels », a-t-il tancé.
Malgré une inflation en baisse, « les prix ne reviendront pas à ceux d’avant-guerre en Ukraine »
L’inflation, provoquée par la guerre en Ukraine, a certes « ralenti » mais « les prix ne reviendront pas à ceux d’avant-guerre », a alerté Schelcher. En deux années, l’inflation alimentaire a atteint 21%, une situation alarmante pour celui qui vilipende les discussions sans résultats concrets de la part des industriels : « ce qu’ils disent, je ne le constate pas dans les faits ».
Et la réalité du quotidien des Français continue d’être déplorable, en dépit des alertes émises « depuis des mois » auprès des différents acteurs. Selon une étude de l’Ifop, 51 % des Français avouent sauter occasionnellement des repas par manque d’argent. Une anxiété inacceptable que le PDG de Système U constate « au quotidien dans ses magasins ».
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Ce dernier soutient par ailleurs les menaces proférées par Bruno Le Maire à l’encontre des industriels agroalimentaires qui n’auraient pas encore baissé leurs tarifs, en révélant publiquement leur nom (« name and shame ») ou en les taxant davantage. Pour le bien du « consommateur français en difficulté », assure-t-il.
Oscar Korbosli