Alors qu’ils sont encore interdits en France, les jeux d’argent en ligne connaissent un véritable essor depuis la période du confinement. Les casinos espèrent développer une offre digitale parallèle à celle qu’ils proposent déjà. Cette légalisation arriverait-elle à point nommé pour offrir un cadre au jeu en ligne ou, au contraire, encouragerait-elle cette pratique ?
Depuis des années, les acteurs des jeux d’argent en ligne, à l’instar de Betclic ou Winamax, essayent de convaincre les pouvoirs publics d’autoriser les casinos en ligne. Cependant, ils n’ont jamais obtenu gain de cause.
Alors que les paris sportifs en ligne sont autorisés depuis une dizaine d’années, de même que le poker, le blackjack, la roulette et les machines à sous demeurent prohibés. Pour y jouer, il faut encore franchir franchir les portes des 200 casinos qui existent en France. Toutefois, il semblerait que le lobbying des casinos digitaux soit sur le point de payer.
Une explosion de l’offre illégale des jeux d’argent en ligne
La raison en est que l’offre illégale a explosé. On estime que plus de 2 millions de Français jouent régulièrement en ligne. La plupart ne savent même pas qu’il s’agit d’une activité illégale. Or, les montants joués sont colossaux, de l’ordre de 2 milliards d’euros, soit l’équivalent de tous les jeux en ligne autorisés. Du fait de l’absence de tout cadre légal, les mineurs peuvent jouer car leur identité n’est pas vérifiée. Les arnaques et le blanchiment sont monnaie courante et privent l’État de centaines de millions de recettes fiscales.
Pendant longtemps d’ailleurs Bercy est resté le seul allié des casinos en ligne. Le ministère voulait réguler pour mieux taxer. Mais aujourd’hui, les casinos en dur, qui voulaient défendre leur monopole, semblent un peu moins hostiles aux casinos en ligne. Pendant le confinement, ils ont pris conscience que le jeu en version digitale pouvait avoir du bon, puisqu’il attire un autre public, plus jeune.
Comme les casinos ont souvent des marques fortes qui inspirent confiance, ils pourraient bénéficier de l’ouverture de ce marché, sans pour autant que leur monopole soit cannibalisé dans le monde physique.
Le gouvernement est contraint de mettre le sujet des jeux d’argent en ligne sur la table
Des débats parlementaires sont en cours pour encadrer l’émergence de nouveaux jeux en ligne en même temps que la blockchain ou les NFT, des jeux avec des cartes numériques que l’on peut collectionner, échanger ou revendre. Comme un projet de loi pour réguler ces acteurs, à l’exemple du français Sorare, va sans doute passer, le gouvernement est contraint de mettre le sujet sur la table.
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Reste à convaincre les villes qui accueillent des casinos et craignent cette concurrence numérique. Pour les rassurer, les acteurs de ce secteur évoquent aujourd’hui la création d’un fonds de compensation. Chacun le sait : avec un peu d’argent, on peut souvent régler bien des problèmes.