Alors que l’immobilier est en crise partout en France, les bords de mer sont pour l’instant épargnés. Attirés par les aménités paysagères et l’accès à la plage, les acheteurs exercent une forte pression sur les 2 millions et demi de logements littoraux, dont le nombre augmente faiblement, tandis que la demande, elle, ne baisse pas.
Depuis plusieurs mois, le marché immobilier français est en crise. Le nombre de transaction est en baisse, les acheteurs veulent que les prix reculent, les vendeurs rêvent encore de prix en hausse. En outre, le marché du neuf est à l’arrêt tandis que celui de l’ancien stagne.
Cependant, reste une niche qui fait de la résistance : le marché du littoral, des quelques 500 communes avec vue sur mer qui regroupent 2 millions et demi de logements. Là, le marché a arrêté de flamber mais on ne peut pas parler de crise.
Le marché de l’immobilier littoral reste à un point historiquement haut
En moyenne, le marché du littoral est déjà 50 % plus cher que l’arrière-pays. Pouvoir aller à pied à la plage a un coût. Sur trois ans, fin 2022, les prix ont bondi de 30 % en moyenne dans les stations balnéaires, contre 20 % sur l’ensemble du territoire.
Mais, depuis le début de l’année, si au niveau national les prix continuent de monter doucement, des disparités régionales commencent à se faire sentir, et depuis trois mois, les prix se calment presque partout.
Sur un an, les prix ont grimpé de 5 à 10 % en Bretagne, en Occitanie ou en Corse. Mais sur les trois derniers mois, les prix ne montent plus dans la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur ni en Normandie. Au niveau national, le mètre carré sur le littoral est à plus de 3.600 euros en moyenne. Bien sûr, dans certaines villes de Saint-Tropez à Ramatuelle en passant par Saint-Jean-Cap-Ferrat les prix au mètre carré sont bien plus élevés que les modestes 10.000 euros parisiens.
La demande de logements littoraux émanent d’acheteurs qui détiennent du capital
Tout d’abord, la résistance du marché littoral s’explique par le fait que la demande reste élevée face à une offre qui a du mal à progresser. On ne construit pas beaucoup au bord de la plage et pourtant il y a de plus en plus d’acheteurs potentiels.
Les Parisiens aisés, profitant du télétravail, sont prêts à investir plus dans une maison de campagne les pieds dans l’eau. Les retraités plus ou moins aisés peuvent vendre leur appartement en ville pour partir à la campagne. On parle là d’acheteurs qui ont du capital, qui sont donc moins impactés par la hausse des taux d’intérêt.
Autre cause : l’impact du réchauffement climatique ou de ses perspectives qui poussent certains à miser plus aujourd’hui qu’hier sur la Bretagne. Enfin, l’extension depuis des années de notre réseau TGV qui permet de rejoindre plus facilement les côtes pèse dans la balance.
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Et puis, le littoral ce n’est pas le même prix partout. Entre les Hauts-de-France et la Côte d’Azur, on a une vraie fourchette, ce qui permet de répondre à plein de budgets différents. Tout cela a contribué à tirer le marché vers le haut et devrait contribuer à le maintenir au sommet pendant un bon moment.