Le marché des piscines est loin d’avoir touché le fond pourtant ce secteur est en train de tourner la page glorieuse de l’après-covid, quand les confinements à répétition avaient poussé les Français à se ruer sur la campagne, les jardins, le grand air et pour certains la piscine dans le jardin.
Le marché des piscines plonge, mais cela ressemble davantage au geste d’un Manaudou qui glisse presque sur l’eau, qu’à celui d’un enfant qui fait la bombe. En 2022, il s’était vendu un peu plus de 188.000 nouvelles piscines.
Cette année, le chiffre devrait tourner entre 160.000 et 170.000. Des niveaux qui restent élevés. En 2019, les installations de nouvelles piscines avoisinaient les 150.000.
Les causes de la stagnation du marché des piscines
On ne change pas de piscine comme on change de voiture. Le marché a été très porteur ces deux dernières années et on sent qu’il a besoin de reprendre son souffle. Il y a eu un phénomène d’anticipation des achats. Ceux qui réfléchissaient à investir se sont jetés à l’eau sans doute plus vite que prévu.
Ensuite, parce que le contexte économique n’est plus ou aussi favorable. La flambée du prix des matières premières et des matériaux de construction a fait gonfler la facture. De ce point de vue, le marché des piscines a suivi celui des maisons neuves. Les clients sont un peu toujours les mêmes : ceux qui achètent des petits pavillons avec de petits terrains et de petites piscines.
Enfin, selon le patron de Piscine Desjoyaux, l’un des leaders en France, la guerre en Ukraine a aussi rompu la dynamique. En 2021, il avait annoncé anticiper une croissance de 10 % par an au moins jusqu’en 2026.
La canicule peut-elle inciter les propriétaires à s’acheter des piscines ?
La piscine c’est parfait pour se rafraîchir, mais cette deuxième année sécheresse pourrait entraîner des répercussions. Les craintes de restrictions d’eau risquent de peser sur la demande. Les Français ont déjà modifié leur comportement : ils construisent des piscines plus petites et moins profondes, pour se détendre, plutôt que pour nager. En moyennes ces piscines contiennent presque trois fois moins d’eau.
Surtout les collectivités agissent contre les risques de pénuries. Dans les Pyrénées orientales, la vente de piscines hors sol a été interdite dès le 10 mai alors que les carnets de commandes étaient plein. Certaines villes dans le sud de France commencent aussi à revoir leur tarification d’eau en été avec notamment une hausse des tarifs pour les gros consommateurs.
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Conscients des enjeux environnementaux, les constructeurs mettent les bouchées doubles sur les innovations pour limiter l’évaporation ou améliorer la filtration et ainsi changer l’eau moins souvent. Ils misent enfin sur le développement du marché au nord de la Loire : un effet du réchauffement climatique cette fois si plus favorable pour eux
Pierrick Fay