Qatar Airways : La compagnie aérienne cherche à attirer les touristes français au Qatar

Massimo Insabato/Mondadori Portfolio/Sipa USA/SIPA

Le trafic aérien est reparti de plus belle en Europe. Qatar Airways poursuit son maillage du territoire français. Après avoir rouvert en mai sa liaison entre Nice et Doha, la compagnie lancera en juillet deux nouvelle lignes reliant Toulouse et Lyon à sa capitale.

Les premiers passagers ont débarqué il y a quelques jours dans la ville rose et se succéderont au rythme de quatre vols par semaine pour Paris. Qatar Airways opère déjà 18 vols hebdomadaires depuis l’aéroport de Roissy. La compagnie envisage d’annoncer bientôt une cinquième ligne, preuve de son intérêt pour la France.

Qatar Airways aimerait aller plus vite, mais elle souffre comme la plupart de ses concurrents des retards de livraison d’avions. Le secteur aéronautique reste perturbé depuis la reprise post-covid, avec des pénuries de composants, mais aussi de personnels.

Qatar Airways espère aussi attirer des passagers venus de France pour alimenter son HUB de Doha qui dessert 160 villes dans le monde. L’interdiction de survol de la Russie imposé aux compagnies occidentales favorise en effet celles du Golfe pour les liaisons vers l’Asie.

Qatar Airways marche sur les traces d’Emirates

C’est vrai que le succès de la compagnie des Emirats Arabe Unis a de quoi faire des envieux. Emirates est redevenu le numéro un mondiale pour le trafic long courrier international. En un an, son chiffre d’affaires a bondi de 81 % et son profit a dépassé les 2,5 milliards de bénéfice.

C’est presque trois fois et demie celui d’Air France-KLM en 2022. Le groupe a transporté plus de 43 millions de passagers, 12 millions de moins qu’en 2019 mais il s’est rattrapé avec la hausse des prix. La compagnie, qui avait perdu 6 milliards d’euros en deux ans en raison de la crise du covid, a profité de l’engouement des touristes pour la ville de Dubaï.

Emirates est bien placé pour bénéficier de la reprise du trafic international, d’autant qu’elle a été l’une des rares avec Air France-KLM à ne pas repousser ses commandes d’avions pendant la crise.

Le succès d’Emirates donne aussi des idées à l’Arabie saoudite, qui veut lancer une deuxième compagnie aérienne nationale, Riyadh Air, au côté de Saudia.  Elle vise 100 destinations d’ici à 2030. Riyadh Air a d’ailleurs déjà passé commande en mars dernier de 39 Boeings Dreamliner avec une option pour en commander encore 33 autres.

Les compagnies du Golfe contre-attaquent

Les compagnies du Golfe cherche avant tout à profiter de la reprise du trafic dans un contexte de concurrence accrue. Emirates et Qatar Airways voient se profiler des concurrents aux dents longues venus de Turquie, mais aussi d’Inde, alors que les classes moyennes de ces pays veulent gouter aux plaisirs du long courrier.

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Mais le Golfe prépare aussi l’après pétrole avec des ambitions énormes dans le tourisme. Le Qatar ne désespère pas de concurrencer Dubaï, devenu une plaque tournante du tourisme international. Doha aimerait bien capitaliser sur la dernière coupe du monde. Il compte attirer plus de 6 millions de visiteurs internationaux d’ici à 2030, dont des touristes venus de Lyon, Toulouse ou Nice.

Pierrick Fay

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