Réforme des retraites : Quand la rupture du front syndical se profile

ISA HARSIN/SIPA

Il y avait du monde hier dans les rues, mais la mobilisation historique espérée par l’intersyndicale n’était pas au rendez-vous. C’est en tout cas l’épilogue d’une séquence qui aura duré quatre mois, celle du combat unitaire contre la réforme.

Formellement, il reste encore deux étapes à franchir pour tourner cette page. L’avis du Conseil constitutionnel, sur la seconde demande de référendum d’initiative partagée attendu demain, et le vote début juin du projet de loi d’abrogation présenté par le groupe Liot à l’Assemblée.

Mais ces deux échéances ne devraient rien changer au fond, alors que des divergences commencent à apparaître au sein de l’intersyndicale. Laurent Berger et la CFDT se sont dit prêts à rencontrer Elisabeth Borne pour parler de l’agenda social des mois à venir, tandis que Force ouvrière et la CGT réservent encore leur réponse.

La CFDT met la barre très haute

En clair, la rupture du front syndical se profile. Le bras de fer est loin d’être terminé, mais une nouvelle phase est en train de s’ouvrir. C’est plutôt une bonne nouvelle pour l’Exécutif qui n’attendait que ça pour remettre le quinquennat en route.

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Après des mois de blocage, le jeu social se rouvre. Ce qui laisse espérer la reprise de discussions comme le souhaitait le chef de l’Etat. Mais il n’y aucune garantie qu’elles aboutissent. D’autant que la CFDT a manifestement décidé de faire payer cher au gouvernement son retour dans le jeu de la négociation. Conditionnalité des aides aux entreprises, rétablissement des CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), création d’un véritable compte épargne, le temps universel avec abondement de l’employeur… Le premier syndicat salarié met la barre très haute.

Un impératif après des mois de tensions sans précédent. Pour donner corps à l’apaisement appelé de ses vœux par Emmanuel Macron, l’Exécutif va donc devoir faire des concessions. Reste à savoir lesquelles il concèdera et si elles seront suffisantes. Réponse dans les semaines à venir.

François Vidal

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