Bruxelles a présenté mardi sa stratégie pour réduire sa dépendance économique vis-à-vis de la Chine. Une initiative louable, qui vise à restreindre les investissements et les exportations chinoises, mais vouée à l’échec. L’Allemagne, mastodonte de l’Union Européenne, continue de maintenir un discours ambigu.
A en croire la feuille de route annoncée par Bruxelles, tous les domaines semblent concernés : surveillance des technologies critiques, contrôle des exportations ou encore filtrage des investissements étrangers en Europe. L’arsenal présenté est à la hauteur des enjeux.
D’autant que des mesures ont déjà été prises pour réduire les dépendances européennes sur les matières premières critiques et les semi-conducteurs. De quoi crédibiliser le discours tenu à Paris et à la Commission d’une autonomie stratégique accrue pour une Europe aspirant à devenir une puissance à part entière.
La position allemande vis-à-vis de la Chine, un problème pour l’Union Européenne
Le problème vient du poids lourd de l’économie du continent, l’Allemagne, qui n’est pas sur cette longueur d’onde. Et, au moment où Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, dévoilait sa feuille de route à Bruxelles, Olaf Scholz en a apporté une démonstration éclatante en déroulant le tapis rouge au Premier ministre chinois.
Le chancelier allemand a notamment souligné que son pays n’avait « aucun intérêt » à se couper économiquement de la Chine. En revanche, il n’a pas dit un mot sur la stratégie de « derisking » revendiquée par l’Allemagne visant à diversifier les partenaires commerciaux du pays pour contrebalancer le poids actuel de Pékin dans les échanges.
La Chine, premier partenaire commercial de l’Allemagne
En réalité, Berlin est pris en étau. Car la Chine occupe une place centrale dans la réussite de Deutschland AG. C’est le premier partenaire commercial de l’Allemagne avec des flux en forte progression, à hauteur de 20 % l’an dernier.
A lire aussi
La Chine représente aussi une part significative des revenus des géants de l’industrie allemande (20 % en moyenne et jusqu’à 40 % pour Volkswagen), en plus d’être un site de production majeur. Sur les quatre dernières années, un tiers des investissements européens réalisés en Chine a été réalisé par une industrie allemande, par l’intermédiaire de BASF, BMW, Mercedes et Volkswagen.
Avec une telle emprise, Pékin n’a pas de souci à se faire. L’Europe n’est pas près de restreindre l’accès à son marché.