La Cour des Comptes vient de publier un rapport sur notre addiction collective au jeu, et cela donne un peu le vertige. En 2022, les Français ont dépensé plus de 43 milliards d’euros en jeux en tous genres, dont 30 milliards ont été redistribués en gains.
Le plus impressionnant n’est pas le montant, c’est la progression de cette industrie, puisque en dix ans les mises ont quand même bondi de 42%. Cette forte progression a plusieurs explications. C’est un marché qui est très diversifié. Il y a le Loto, les casinos, le PMU, les paris sportifs, les clubs de jeux, le poker en ligne : on a plus d’une manière de parier ou de jouer en France.
Ce qui tire également le marché, c’est bien sûr le développement du pari sportif et l’ouverture des jeux en ligne. Cela a permis d’élargir considérablement le marché. Avec le pari sportif on a pu séduire un public plus jeune, attiré par des mises petites et un côté ludique. Et avec le pari digital via smartphone, on a fait tomber toutes les barrières à l’entrée sur le jeu et on en a fait massivement la promotion à la télévision. Il y a un tirage loterie pratiquement tous les jours entre le Loto et l’EuroMillions. Jouer n’a jamais été aussi simple.
Des jeux aujourd’hui interdits pourraient être légalisés
Cette croissance peut se poursuivre encore longtemps car un public très large peut être séduit. Pour certains, c’est une forme d’impôt sur notre naïveté parce qu’on a quand même beaucoup plus de chances de perdre que de gagner.
Mais de tous les impôts, finalement, c’est le seul que je paye avec plaisir. Et sur ce marché tiré par l’offre, il y a de fortes chances que dans les années qui viennent on finisse par légaliser en France des jeux qui sont autorisés dans de nombreux pays mais pas chez nous. On pourra sans doute jouer à la roulette ou à la machine à sous sur son smartphone.
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Cela pourrait renforcer une forme d’addiction mais pour le gouvernement légaliser est très tentant. D’abord parce que cela peut permettre de mieux encadrer mais aussi ça peut rapporter gros au fisc. Le marché du jeu génère déjà presque 6 milliards d’euros de rentrées fiscales. Et si les joueurs sont accro aux jeux… l’Etat l’est tout autant !