Consommation : Le cash fait de la résistance

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Le cash n’est pas mort, il bouge encore ! Il est vrai que depuis des années, on assiste à une décroissance rapide et même massive des paiements en pièces et en billets. En 2016 – il n’y a pas si longtemps – 79% des transactions étaient effectuées en Europe avec du cash. Aujourd’hui on sort sa monnaie pour seulement 50% des achats en boutique.

Le déclin semblait inéluctable. Mais cette année, le GIE Carte Bancaire a constaté un phénomène intéressant : sur le premier semestre, les retraits aux distributeurs sont en hausse de 1% en volume et de 5% en valeur. Ce ne sont pas des chiffres définitifs, ni totalement consolidés, et la tendance est faible, mais il se passe quand même quelque chose.

Les banquiers avancent une hypothèse pour expliquer le phénomène. Cette évolution du comportement des Français est liée à l’inflation. En période de pression sur le pouvoir d’achat et de crainte de fins de mois difficiles, les ménages ont besoin de faire plus attention. Pour ne pas se retrouver à découvert, être sûr de ne pas dépenser plus que ce qu’ils ont, ils sortent du liquide pour faire leurs courses.

Aux Etats-Unis, ils ont même inventé un terme : on parle de cash stuffing. On ne sort pas du cash pour le planquer sous le matelas mais on remplit des enveloppes pour ses différentes dépenses. On budgète, on prévoit… on gère.

Le sans contact gagne du terrain, et le plus pratique l’emporte toujours

Mais la tendance de long terme est quand même la réduction progressive du cash. D’abord parce que l’inflation finira par se calmer. Ensuite parce que le paiement dématérialisé est de plus en plus simple. On peut payer avec sa carte sans contact, son téléphone, sa montre… On peut payer des montants de plus en plus petits et de plus en plus grands, du ticket de métro à un achat à plus de 50 ou centaines d’euros. Et sur la durée, en général, ce qui est plus pratique finit par l’emporter, surtout qu’on va apprendre à mieux gérer notre budget avec des applications numériques pour éviter d’être à découvert.

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Cela ne veut pas dire que le cash va totalement disparaître, ne serait-ce que parce que le liquide est aussi un instrument de liberté. Cela permet de payer sans laisser de trace. Et même si on n’a rien à cacher ou à se reprocher, on est pas obligé de laisser les banques, les géants du digital, le fisc ou nos proches pouvoir tout connaître de nos moindres dépenses. On a droit à un peu de vie privée.

David Barroux

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