Les faillites se multiplient dans l’univers des chaînes d’habillement. Le contexte économique marqué par l’inflation est difficile pour tous les commerces, mais encore plus pour les vieilles gloires du textile comme Camaïeu, Naf Naf, San Marina, Jennyfer ou d’autres, qui ont été victimes de faillites ou de procédures de redressement judiciaire.
Le groupe Knight Frank, un spécialiste de l’immobilier commercial, a fait les calculs. Depuis le début de l’année il a recensé 32 procédures concernant des distributeurs. C’est deux fois plus qu’en 2021. Et si on additionne les redressements judiciaires depuis 2020, les procédures ont concerné 80 enseignes, dont plus de 40% dans le textile. Au total, la crise a ainsi directement frappé presque 9.000 points de ventes.
C’est la grande différence entre les usines et les magasins. Quand une usine ferme, c’est en général une catastrophe. Elle ne rouvre pas et les ouvriers ne retrouvent pas d’emploi à proximité. Dans le commerce, en général, quand une boutique ferme, une autre finit par prendre la place et par embaucher des vendeurs. La nature a horreur du vide.
Alors bien sûr, sur les 8.800 boutiques qui ont fermé depuis 2020, il en reste encore un peu plus de 3.000 qui n’ont pas remonté le rideau. On le sait, il y a des centres-villes et des zones commerciales qui souffrent. Mais plus de 5.500 boutiques ont déjà rouvert. Parfois avec la même enseigne qui a séduit un repreneur, parfois avec de nouveaux arrivants. Car dans le commerce on peut passer de mode mais il y a toujours de nouveaux acteurs qui apparaissent.
300.000 points de ventes en France
Le commerce physique, les boutiques ne sont donc pas condamnées. Le e-commerce, qui représente un peu plus de 12% du commerce de détail, va continuer de croître mais l’heure des croissances explosives est déjà passée. Sur les trois derniers mois, les ventes en ligne ont même reculé de 1%. Le gros du commerce reste les 300.000 points de ventes de toutes tailles en France.
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Knight Frank a même identifié près de 120 plans d’expansion en 2023 qui, s’ils se concrétisaient, se traduiraient par l’ouverture de plus de 1.800 magasins. On transforme et on ouvre de nouvelles boutiques parce qu’en voiture comme à pied, les Français aiment bien faire leurs courses et être surpris. L’autre bonne nouvelle pour ceux qui possèdent des mètres carrés, c’est que cela va devenir de plus en plus difficile d’en créer de nouveaux. On va vers le « zéro artificialisation nette des sols ». Cela veut dire que ceux qui auront du carrelage ou du plancher possèderont une ressource relativement rare. Et ce qui est rare, en général est cher.