Cannes 2022 : David Abiker rend hommage en musique aux gagnants de la Palme d’or

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A l’occasion du 75ème Festival de Cannes nous vous proposons de vous transporter dans les salles obscures pour une émission du 28 mai dédiée aux films qui ont remporté la Palme d’or à Cannes.

En 1967, Blow-up fit scandale car pour la première fois on y voyait des corps de femmes dénudés

Cette émission est consacrée aux musiques des films qui ont remporté la Palme d’or à Cannes. La première édition du Festival se déroule en 1946 mais c’est seulement depuis 1955 que la Palme d’or est décernée au vainqueur de la sélection cannoise. On commence alors par le thème d’Aquarium tiré du Carnaval des animaux de Saint-Saëns qui résonne chaque année sur les marches du palais des festivals avant chaque projection de film durant le Festival de Cannes : 

 

 

En 1949, Carol Reed va remporter le Grand Prix pour Le Troisième Homme. Un film dans lequel joue Orson Welles et dont l’action, pleine de rebondissements, se déroule à Vienne. La musique de ce film est interprétée à la cithare par Anton Karas, le compositeur. Ce film qui montre Vienne au lendemain de la 2ème guerre mondiale, et sa musique se classa des semaines durant parmi les meilleures ventes américaines de disque.

 

7 ans plus tard, en 1956, Louis Malle et le commandant Cousteau révolutionnent le documentaire avec Le Monde du silence. La musique de ce documentaire écologique avant l’heure a été composée par Yves Baudrier :

 

En 1959 Marcel Camus réalise, Orfeu Negro, un film musical qui transpose le mythe d’Orphée et d’Eurydice à Rio au Brésil pendant le carnaval. Il obtient la Palme d’or avec une bande originale signée Antonio Carlos Jobim et Luiz Bonfà. Ecoutez l’interprétation au violon d’Itzhak Perlman avec l’orchestre symphonique de Pittsburgh sous la direction de John Williams qui en connaît un rayon en matière de musique de film :


 

Les Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy remporte la Palme en 1964 avec une musique signée Michel Legrand : triomphe et récompense ! C’est l’orchestre de la Radio Flamande qui interprétait le thème du film sous la direction de son compositeur disparu en 2019 :

 

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2 ans plus tard, un jeune cinéaste fait tourner la tête des festivaliers avec une manière de filmer et un rythme hors norme. Claude Lelouch a un style bien à lui et remporte avec Un homme et une femme la Palme d’or de 1966. Quant à la musique, elle est aussi inoubliable que le film et ses acteur, Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant. La célèbre chanson, homonyme du film, est signée Francis Lai et a été rendue célèbre par ses paroles en une suite d’onomatopées, Chabadabada, chabadabada. Cette musique a obtenu le Golden Globe de la meilleure chanson originale :

 

En 1967, le film Blow Up de Michelangelo Antonioni raconte une histoire d’amour qui vire au thriller. Un homme photographie une femme dans un parc à Londres mais les clichés agrandis révéleront qu’il a photographié sans le savoir une scène de crime. C’est Herbie Hancock qui signe la musique. Ce film fit scandale à sa sortie car pour la première fois on y voyait des corps de femmes entièrement dénudés :

 

En 2000, la chanteuse Björk joue et compose la musique de Dancer in the Dark

Francis Ford Coppola, en 1979, reçoit la Palme d’or pour le film Apocalypse Now l’adaptation du roman Au cœur des ténèbres de Joseph Conrad. L’une des scènes les plus fameuses est l’attaque d’un village par un escadron d’hélicoptères commandé par un officier fou de surf interprété par Robert Duvall. Surgissant de l’horizon, les engins fondent vers la plage sur la musique de Richard Wagner et l’air de La Walkyrie :

 

All that jazz, le film de Bob Fosse est devenue en français « Que le spectacle commence ». All that jazz raconte la vie d’un chorégraphe drogué aux amphétamines et au tabac qui est victime d’un infarctus pendant qu’il monte une nouvelle revue à Broadway. La musique est signée Ralph Burns mais également George Benson et le film est primé en 1980. Une Palme d’or ex-æquo avec le film d’Akira Kurosawa, Kagemusha, l’Ombre du guerrier :

 

4 années plus tard, c’est Nastassja Kinski qui fait pleurer la croisette dans la scène finale de Paris Texas de Wim Wenders. Lenteur, soleil, solitude, grands espaces et Ry Cooder pour la musique :


 

L’Eternité et un jour gagnera à Cannes en 1998. Ce film est de Theo Angelopoulos et la musique est signée Eléni Karaïndrou. Une œuvre qui raconte les souvenirs et les derniers jours emprunts de nostalgie d’un écrivain qui sent la fin de sa vie arriver et s’en remémore les meilleurs moments :

 

En 2000 c’est Dancer in the Dark qui est primé. Les spectateurs découvrent la chanteuse Bjork, qui joue et compose la musique du film, aux côtés de Catherine Deneuve dans un drame musical hors-norme réalisé par le génial Lars von Trier :

 

Nous nous terminons avec Amour de Michael Haneke en 2012. Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant y interprètent un couple vieillissant que la maladie ne séparera pas. La musique entendue au début du film est celle d’un concert d’Alexandre Tharaud qui interprète l’Impromptu n°3 de Franz Schubert :

 

Nous espérons que cette sélection vous a donné envie de vous ruer dans les salles, d’aller faire un tour à Cannes, de revoir ces chefs-d’œuvre du cinéma, de voir les 5 films à voir quand on aime la musique classique, ou d’imaginer le casting idéal pour jouer les plus grands compositeurs !

David Abiker 

 

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