Une nouvelle mesure protectionniste instaurée par l’administration Trump va soumettre à un droit de douane de 25% une grande partie des instruments à vent importés aux Etats-Unis. Selon le ministère du commerce américain, leurs pièces et accessoires sont principalement fabriqués à partir de métaux jugés essentiels à la défense nationale.
L’article 232 du droit américain autorise le président américain à imposer des droits de douane ou à restreindre les importations de marchandises étrangères qui menacent la sécurité nationale. Et c’est à ce titre que, sur proposition du ministère du commerce, Donald Trump a validé début août une mesure qui va toucher, entre autres, l’importation d’instruments de musique (vents et cuivres) dont les composants, acier, aluminium, laiton, cuivre… constitueraient une menace pour la sécurité américaine.
Trompettes, tubas, trombones, saxophones et autres cors d’harmonie fabriqués en dehors des Etats-Unis seront donc soumis à un droit de douane de 25 % sur les importations à partir du 27 août au motif que « le recours aux métaux importés pourrait réduire la demande de matériaux fabriqués aux États-Unis, ce qui diminuerait la production nationale et les stocks de fournitures essentielles en cas d’urgence nationale ». Une notion de sécurité nationale citée neuf fois dans les six pages du texte publié par le ministère du Commerce,
Cette taxe sur les instruments à vent pourrait pénaliser 25 millions d’élèves américains
Cette mesure fait suite notamment sous la pression insistante du milliardaire John Paulson, dont la société d’investissement est le principal actionnaire de Conn-Selmer, un des plus importants fabricants américains d’instruments de musique pour orchestres d’harmonie, fanfares et orchestres.
Ce fervent supporter de Donald Trump l’avait alerté dès la campagne électorale de 2024 sur les dangers pour l’économie américaine d’une délocalisation de la production dans son secteur d’activité.
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Malheureusement pour Conn-Selmer, la mesure protectionniste prise par l’administration Trump arrive un peu tard, cinq semaines précisément après la fermeture de sa dernière usine américaine dans l’Ohio qui avait prévu de délocaliser une part importante de sa production en Chine où les tarifs sont en moyenne huit fois moins élevés.
Selon les estimations du Peterson Institute for International Economics cité par Classic FM, un cor d’harmonie fabriqué aux États-Unis coûte près de 5 000 dollars, tandis qu’un modèle chinois importé est vendu autour de 600 dollars.
Brass instruments and their parts could soon be subject to additional tariffs under the guise of “national security.”
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— reason (@reason) August 10, 2026
Une mesure critiquée par la National Association of Music Merchants (NAMM) dont le président, John Mlynczak estime qu’il n’y a «absolument aucun risque pour la sécurité nationale lié aux instruments de musique ».
Selon le dirigeant de cette association, qui représente l’industrie mondiale des produits musicaux, « cette décision risque d’affecter plus de 25 millions d’élèves américains qui participent chaque année à des programmes de musique dans les écoles, soutenus par des milliers de détaillants américains qui importent et fournissent des instruments aux élèves depuis des décennies ».
Philippe Gault
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