Suite à une décision de justice, Donald Trump a annoncé vendredi qu’il allait « travailler avec le Congrès pour lui transférer » le contrôle du Kennedy Center, le prestigieux centre culturel de Washington. Le président américain abandonne ainsi de manière abrupte un projet emblématique du style et de la substance de son second mandat.
Cette volte-face arrive après qu’un juge fédéral a ordonné que le nom de Donald Trump soit retiré du Kennedy Center et a suspendu la fermeture pour deux ans de la salle de spectacles, ordonnée par le président américain pour mener une vaste rénovation.
Donald Trump avait décidé d’accoler, en décembre, son nom à celui de son lointain prédécesseur démocrate John F. Kennedy pour rebaptiser le lieu « Trump Kennedy Center« .
Ce changement avait été dénoncé par la famille du président Kennedy et par l’opposition démocrate qui en conteste la légalité.
Judge Christopher Cooper rules it is NOT the “Trump-Kennedy Center”…. It’s the Kennedy Center pic.twitter.com/1EKoFL9KFz
— Scott MacFarlane (@MacFarlaneNews) May 29, 2026
En réaction à cette décision de justice, le président-milliardaire de 79 ans, très critiqué par ses opposants pour sa reprise en main de la plus grande institution culturelle des États-Unis, historiquement neutre, a donc décidé de confier au législateur « la responsabilité de son activité, de sa maintenance et de sa gestion », a-t-il écrit dans un long message publié vendredi sur son réseau Truth Social.
Donald Trump : « Le juge et la gauche radicale préfèrent que le Kennedy Center meure »
« La loi créant le Kennedy Center énonce de manière limpide qu’il doit être baptisé en hommage au président Kennedy et ne peut porter aucun autre nom officiel » sans décision du Congrès, a conclu vendredi le juge fédéral Christopher Cooper (district de Columbia) dans son jugement de 94 pages.
En conséquence, il a ordonné au conseil d’administration de retirer toute référence sur le bâtiment lui-même, sur le site internet du Kennedy Center ou toute marque déposée, « au président Trump ou à tout individu autre que le président Kennedy ». Le site Politico a d’ailleurs révélé que les employés du centre ont reçu le 4 juin une note interne dans ce sens, précisant que « cela inclut également les messages vocaux, les comptes de réseaux sociaux et les communiqués de presse. Les modifications apportées aux modèles, formulaires, à la signalétique intérieure et extérieure du bâtiment, aux brochures et aux pages web portant le nom de Trump doivent être mises à jour avant le 12 juin ».
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Dans son long commentaire très acerbe, publié sur le réseau Truth Social, Donald Trump estime que « le juge et la gauche radicale préfèrent que le Kennedy Center meure plutôt que de voir le président Trump le transformer en quelque chose dont tout le monde aurait pu être fier », avant de vanter « toutes les constructions, rénovations et réparations » qu’il a entreprises dans la capitale américaine.
En plus des changements architecturaux prévus, le Kennedy Center avait aussi pris, sous la houlette des proches du président américain placés à sa tête, un virage conservateur en matière de programmation provoquant le retrait de nombreux artistes et d’orchestres.
Philippe Gault (avec AFP)
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