Les 5 films à voir quand on est passionné de musique classique

Paille/Flickr

Les associations des termes « musique classique » et « cinéma » évoquent probablement dans les esprits des mélomanes et cinéphiles le film culte Amadeus, le seul exemple de succès mondial ayant pour sujet la vie d’un compositeur, en l’occurrence Mozart. Si la relation entre les deux genres est si compliquée, c’est probablement qu’il n’y a rien de naturel à associer un art aussi visuel et immédiat qu’est le cinéma à l’art auditif par excellence, la musique classique. Pourtant, le classique peut constituer un thème de film, comme le très romancé mais excellent Amadeus de Milos Forman, ou bien se mettre au service du film, transcender l’image et le récit, une discipline dans laquelle Stanley Kubrick s’érige sans mal comme le maître du genre.

Amadeus, le film aux 8 Oscar

Amadeus est un biopic sur la vie de Mozart réalisé par Milos Forman ayant remporté 8 Oscar, dont celui du meilleur film en 1985. Film culte, c’est probablement le meilleur long-métrage réalisé autour de la vie d’un compositeur et prenant la musique classique comme sujet principal. Même si le scénario prend quelques libertés avec l’histoire, en dépeignant Salieri comme rival jaloux du génie Mozart, l’œuvre donne une bonne image de la musique classique et des vies passionnantes des compositeurs.

 

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Tous les matins du monde, dans l’intimité de Marin Marais

Tous les matins du monde est un film réalisé par Alain Corneau sorti en 1991 qui nous raconte la vie du compositeur Marin Marais. On y retrouve un casting prestigieux avec Gérard Depardieu, Anne Brochet, Jean-Pierre Marielle et le regretté Guillaume Depardieu, mais le casting est tout aussi prestigieux hors caméra, car le joueur de viole de gambe derrière les musiques du films n’est autre que Jordi Savall.

 

 

Farinelli, le castrat à la voix inégalable

Farinelli, film réalisé par le belge Gérard Corbiau, est un biopic consacré au castrat Carlo Maria Michele Angelo Broschi, surnommé Farinelli. Réputé pour sa voix inégalable, la production du film a fait appel à l’IRCAM pour synthétiser les voix d’un contre-ténor, Derek Lee Ragin et d’une soprano colorature Ewa Małas-Godlewska et ainsi tenter de recréer le timbre du castrat. La bande-originale a été réalisée sous la direction de Christophe Rousset avec son ensemble Les Talens Lyriques.

 

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2001, Odyssée de l’espace, de Stanley Kubrick, la musique classique au service du cinéma

La filmographie de Stanley Kubrick est traversée d’un goût prononcé pour la musique classique. Son utilisation ne tient pas d’une instrumentalisation ou d’un artifice facile, mais bien d’un choix réfléchi dans laquelle la musique vient appuyer un récit. Le réalisateur a marqué quasiment chacune de ses œuvres par une ambiance particulière instillée par ses choix musicaux : la musique grinçante de Bartok dans Shining, l’élégance de Schubert et de Haendel dans Barry Lyndon, l’atmosphère étrange et dérangeante de nuages gris de Liszt dans Eyes Wide Shut. Mais parmi tout ses chefs d’œuvres, deux films devraient remporter l’adhésion des mélomanes par l’importance qu’a la musique classique dans leur récit. Dans 2001, Odyssée de l’espace, plusieurs scènes cultes sont créées à partir de l’association de l’image et de la musique. Le Danube Bleu de Strauss accompagne un ballet spatial en apesanteur. Un autre Strauss, Richard cette fois-ci, prête son prélude d’Ainsi parlait Zarathoustra à une scène hautement symbolique, la découverte de l’outil par l’homme préhistorique qui s’arrache ainsi à sa condition, la première étape de la conquête des étoiles.

 

Orange Mécanique, de Stanley Kubrick : peut-on associer Beethoven à l’ultra violence ?

Dans Orange Mécanique, la musique classique est également présente et sert l’ultra violence du film. Les musiques de Rossini, Elgar, ou Purcell sont utilisés dans le film, mais c’est la 9e symphonie de Beethoven qui sert de fil conducteur à la bande originale. Le décalage entre le peu de morale d’Alex, personnage principal du film, et sa passion pour Beethoven, représenté comme le sommet du bon goût dans nos sociétés occidentales crée cette confusion dans l’esprit du spectateur dans lequel s’associe l’ultra violence à la musique du natif de Bonn.

Rémi Monti

 

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