Edward Elgar

(1857-1934) 20e siècle

A la fin du XVIIe siècle, précisément à la mort prématurée de Purcell (1695, à l’âge de 36 ans), consacré peu après « Orpheus Britannicus », la création musicale au Royaume-Uni a sombré dans une singulière torpeur, exception faite de Haendel, naturalisé anglais en 1727 mais Saxon d’origine. Le réveil allait venir d’un outsider sous le règne d’Edouard VII : un compositeur et chef d’orchestre influencé par la musique allemande, Sir Edward Elgar (anobli en 1904). Né en 1857 près de Worcester (et donc provincial), issu de la petite bourgeoisie, catholique et autodidacte (son père tenait un commerce de musique et l’orgue de l’église), il ne s’impose soudain qu’après la quarantaine grâce à ses Variations « Enigma » (1899), suite de portraits… énigmatiques de ses amis. Aussitôt triomphent ses magnifiques oratorios (Le Rêve de Gerontius), des pages à caractère patriotique, comme ses marches de Pomp and Circumstance, ou mélodique (Sospiri, Salut d’amour). Il atteint son apogée en 1919 avec un Concerto pour violoncelle grave et lyrique, avant de se retirer dans un quasi-silence (esquisses de sa 3e Symphonie) et sa région natale jusqu’à sa mort, en 1934.

Francis Drésel, directeur de la programmation musicale de Radio Classique