HOLST Gustav – biographie

(1874-1934) Epoque moderne

Le britannique Gustav Holst se réclama des madrigalistes anglais et de Henry Purcell, mais puisa également son inspiration dans le chant populaire et la philosophie orientale ; un moyen, sans doute, d’échapper à l’emprise étouffante de Richard Wagner. La maestria de Holst dans l’usage du grand orchestre transparaît dans son œuvre maîtresse, Les Planètes, qui ne sera pas sans influence sur les compositeurs de musiques de films, au premier rang desquels John Williams.

 

Gustav Holst en 10 dates :

  • 1874 : Naissance à Cheltenham (Royaume-Uni)
  • 1893 : Etudes de composition au Royal College of Music auprès de Charles Stanford. Rencontre Ralph Vaughan-Williams, qui restera son ami pour la vie
  • 1903 : Renonce à son activité de musicien d’orchestre pour se consacrer à l’enseignement et à la composition
  • 1907 : Somerset Rhapsody pour orchestre
  • 1908 : Savitri, opéra de chambre d’après l’épopée sanscrite du Mahâbhârata
  • 1916 : Les Planètes pour orchestre
  • 1917 : Hymn of Jesus pour chœurs et orchestre
  • 1919 : Nommé professeur de composition au Royal College of Music
  • 1928 : Egdon Health, poème symphonique
  • 1934 : Mort à Londres

Très actif dans le domaine de la musique chorale, Holst compose plusieurs chants et dirige des chœurs

Né à Cheltenham, petite ville de l’ouest de l’Angleterre, Gustav reçoit ses premières leçons de musique de son père Adolf, organiste et maître de chapelle de l’église locale. Peu après son inscription à la Cheltenham Grammar School, il s’essaye à la composition avec une opérette, Lansdown Castle, qu’il met en scène grâce à l’aide de ses camarades en 1893, année où il intègre le Royal College of Music de Londres pour y étudier le piano et la composition. Charles Stanford et Charles Hubert Parry sont ses maîtres. L’amitié qu’il noue avec Ralph Vaughan Williams, son aîné de deux ans, comptera beaucoup dans sa vie, lui apportant un soutien psychologique nécessaire lorsque, victime d’une crise de névrite au bras droit, il devra renoncer au piano au profit du trombone. Très actif dans le domaine de la musique chorale, Holst compose plusieurs chants et dirige le Hammersmith Socialist Choir de Londres. Pour ce qui est de l’orchestre, il en acquiert de solides connaissances grâce à son activité de tromboniste au sein de Carl Rosa Company et de l’ensemble de cuivres du Scottish Orchestra de Glasgow.

 

Les madrigalistes anglais et la philosophie orientale : tels sont les deux pôles d’inspiration de cet initiateur du courant folkloriste

1901 est une année importante : Holst épouse la choriste Isobel Harrison et décroche un poste de professeur de musique à la James Allen’s Girl’s School, qu’il conservera jusqu’en 1921. Un important travail éducatif l’occupe à partir de 1907 au contact des musiciens du Morley College, institution culturelle du sud de Londres ouverte à la classe ouvrière, laquelle venait suivre, en amateur, des cours du soir. Dans ce cadre, Holst donne en 1910 une exécution remarquée de The Fairy Queen d’Henry Purcell. Purcell et les madrigalistes anglais d’une part, la philosophie orientale des Védas d’autre part : tels sont les deux pôles d’inspiration de cet initiateur du courant folkloriste (avec son ami Vaughan Williams), ainsi qu’en témoignent les quatre recueils de Choral Hymns from the Rig Veda, l’opéra de chambre Savitri (influencé par ses études de sanskrit) ou Somerset Rhapsody, sans doute ses œuvres les plus significatives composées au cours des années précédant la Première Guerre mondiale.

Avec son œuvre maîtresse, la suite pour orchestre Les Planètes, Holst souhaitait produire « une série d’états d’âme »

En 1913, Holst se rend en Espagne avec quelques amis passionnés d’astrologie. Ce voyage lui inspire la composition d’une suite pour grand orchestre fondée sur ce thème, Les Planètes, créée à Londres en 1918 sous la baguette d’Adrian Boult. Son propos était de produire « une série d’états d’âme », des visions de guerre de « Mars » à la fuite inexorable des jours de « Saturne » en passant par l’allégresse de « Jupiter », dont la section médiane déploie une ample mélodie anglaise dans la manière d’Elgar. La maestria orchestrale du compositeur y atteint des sommets d’évocation et exercera une influence certaine sur les compositeurs de musiques de films, à commencer par John Williams. En 2000, le Britannique Colin Matthews (né en 1946) ajouta une nouvelle planète (naine) à la suite symphonique en sept mouvements de son aîné, « Pluton », dont la découverte remonte à 1930.

 

« Mars », l’une des Planètes de Holst (BBC Symphony Orchestra, dir. Susanna Mälkki, Proms de Londres 2015)

 

 

Après 1920, le style de Holst évolue dans le sens d’un dépouillement croissant

Lorsqu’éclate la guerre, Holst veut s’engager comme volontaire, mais est déclaré inapte. Il complète le mystique Hymn of Jesus pour chœurs et orchestre en 1917 avant sa nomination en qualité de professeur de composition au Royal College of Music et au Moreley College – une consécration. Le surmenage, puis un malheureux accident l’oblige à restreindre ses activités. Aussi consacre-t-il l’essentiel de ses dernières années à la composition. Après 1920, son style évolue dans le sens d’un dépouillement croissant qui aboutit à l’austérité linéaire d’Edgon Heath, poème symphonique à la fois morne et énigmatique, qui n’est pas sans évoquer Tapiola de Jean Sibelius. Comme son homologue finlandais, Holst a donné un second souffle au renouveau musical de son pays, qui agissait comme le parfait antidote au wagnérisme et à l’impressionnisme.

 

Jérémie Bigorie

 

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