C’est une histoire peu connue du compositeur anglais Gustav Holst. Une affection de naissance qui sera pour lui un véritable handicap, au point que sa vie et son destin musical furent dictées par elle. Un problème de souffle qui ne l’empêchera pas de trouver son propre rythme, et de devenir, en plus d’un compositeur de génie, un brillant musicien.
L’enfance de Holst suit la trajectoire classique d’une enfance dédiée à la musique, apprenant le violon et le piano sous le regard carriériste de son père, Adolph, qui voyait en lui un futur musicien professionnel. Il faut dire que la famille Holst a la musique dans le sang : le grand-père d’Adolph, un certain Matthias “von” Holst, avait eu le privilège d’enseigner l’art de la harpe à la Cour impériale de Russie, que l’on situe vers la fin du règne d’Alexandre Ier, avant de venir s’installer en Angleterre. Quant à Adolph, il était organiste et chef de chœur, à la All Saints Church de Cheltenham, le bastion familial des Holst.
Le petit Gustav va toutefois devoir concilier la pratique de l’instrument avec un état de santé plutôt fragile, ce qui semblait être le cadet des soucis de la famille : « Il était frêle, chétif et beaucoup trop sensible. Il souffrait d’une mauvaise vue et personne ne semblait réaliser qu’il avait besoin de porter des lunettes. Il avait la poitrine fragile, mais personne ne s’inquiétait plus que ça de son asthme. Quand il devait aller au lit, il lui arrivait de s’asseoir trois ou quatre fois dans les escaliers pour pouvoir récupérer son souffle. » rapporte Imogen Holst, la fille du compositeur, dans une biographie dédiée à son père.
Le trombone pour contrôler sa respiration et améliorer son souffle
C’est ainsi qu’à l’âge de 12 ans, Adolph von Holst préconise à son fils l’apprentissage du trombone. Un exercice qui selon lui, permettrait à Gustav de contrôler sa respiration et d’améliorer son souffle. Une manière curative de dompter un mal tout en gardant un pied dans la musique.
Mais qu’en est-il vraiment ? Un article publié sur le site d’informations Médecine des Arts, nous éclaire à ce sujet : « Les difficultés les plus importantes pour une personne asthmatique se situent lors de l’expiration […] De manière générale, il semble préférable de privilégier dans le choix de l’instrument un instrument de musique qui n’exige pas un volume élevé d’air, c’est le cas de la trompette ou du hautbois, de la clarinette, qui exigent surtout d’exercer une pression élevée, à l’inverse de la flûte ou du tuba qui demandent le maintien d’un volume d’air élevé tout en émettant une plus faible pression, notamment pour la flûte. Les instruments nécessitant un volume inférieur et une pression inférieure à la trompette ou au hautbois, comme le trombone, l’euphonium, sont dans une situation intermédiaire. »
Holst avait une stricte hygiène de vie
Une solution qui permettra à Holst d’apprivoiser au mieux sa respiration troublée, à laquelle il ajouta dès l’entrée à l’âge adulte une stricte hygiène de vie : selon Imogen, le Gustav « jeune homme » s’interdisait de boire et de fumer. Il s’était même plié à un strict régime végétarien pour guérir un autre de ses fardeaux : les troubles de la vision. Sans oublier une neuropathie au niveau du bras droit qui avait mis un terme à une carrière de pianiste.
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Mais à quelque chose malheur est toujours bon : il brillera de son aptitude pour le trombone en formation orchestrale, jusqu’à devenir Trombone solo en 1898 pour la Carl Rosa Opera Company et Second Trombone du Scottish Orchestra de 1900 à 1904. Tout comme son état de santé précaire, l’empêchant de participer jusqu’en 1918 à l’effort de guerre, lui permettra de composer ce qui allait devenir son chef-d’œuvre : Les Planètes.
Clément Serrano
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