Musique Classique : à l’origine des Planètes de Gustav Holst, sa passion pour l’astrologie

MARY EVANS/SIPA

Oubliez tout ce que vous savez sur le système solaire et les propriétés de l’univers : ce n’est pas par amour de la Science que Gustav Holst s’est mis à la composition de ses Planètes ! Ce n’est pas non plus une intuition qui l’aurait poussé à écrire, quelques mois avant le début de la Grande Guerre, une première partie consacrée à la planète Mars, la belliqueuse ! Son chef-d’œuvre aurait plutôt été motivé par l’un de ses hobbies : l’astrologie.

Queen’s Hall, le 4 mars 1913. C’est à l’occasion d’un concert organisé par le fortuné Henry Balfour Gardiner que le public londonien s’apprête à découvrir l’œuvre d’un compositeur relativement peu connu : Gustav Holst. Il s’agit d’une musique d’inspiration symphonique et chorale dont l’intrigue s’inspire d’un poème sanskrit. Malgré des années de travail, la première de The Cloud Messenger fit un four, ce qui provoqua chez Holst une profonde mélancolie.

Voyant le pauvre compositeur se demander s’il était encore fait pour la musique, Balfour Gardiner proposa à Holst de l’accompagner sur l’île de Majorque, histoire de recharger ses batteries : « Majorque dépassa toutes ses attentes » confie Imogen Holst dans la biographie dédiée à son père : « Nous étions en pleine période de Pâques et l’île brillait de mille couleurs. […] L’air y était aussi doux qu’une caresse et la nuit les étoiles semblaient plus proches qu’en Angleterre. Sans oublier la beauté outrageante des montagnes de Soller qui lui coupait le souffle. »

Le caractère des planètes a suggéré des motifs à Gustav Holst

Subjugué par le charme des Îles Baléares, Holst songe à sa prochaine création. Voilà quelques temps déjà qu’il s’intéresse à l’astrologie et que les écrits d’un certain Alan Leo, un maître en la discipline, occupent le fil de ses pensées : « En règle générale, j’étudie uniquement les choses qui m’évoquent la musique… récemment, j’ai découvert l’astrologie et le caractère de chaque planète m’a suggéré des motifs, ce qui m’a poussé à étudier l’astrologie d’un peu plus près. » aurait confié Gustav Holst à l’un de ses proches.

Il se met donc à composer dès l’année 1914 ses fameuses planètes, dont les noms et les thèmes associés – Mars, celui qui apporte la guerre / Vénus, celle qui apporte la paix / Mercure, le messager ailé / Jupiter, celui qui apporte la gaieté / Saturne, celui qui apporte la vieillesse / Uranus, le magicien / Neptune, le mystique – n’ont, de son propre aveu, que peu à voir avec l’astronomie et l’étude des dieux gréco-romains.

De l’infiniment grand à l’infiniment petit

En effet, il s’agit pour Holst de mettre en musique le principe même de l’astrologie, soit l’idée d’associer sur un même plan sonore plusieurs échelles de grandeur, allant de l’infiniment grand à l’infiniment petit, de la force brute à la grâce céleste. Une combinaison de caractères et d’événements qu’il applique à l’échelle de la vie (Jupiter, celui qui apporte la gaieté / Saturne, celui qui apporte la vieillesse), à l’échelle de l’humanité (Mars, celui qui apporte la guerre / Vénus, celle qui apporte la paix), à l’échelle de la matière (Uranus, le magicien) ou bien encore, à l’échelle de l’esprit (Neptune, le mystique). Le reste n’est pour lui que musique.

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Tout comme Maurice Ravel, Gustav Holst se vit un temps refusé de contribuer à l’effort de guerre, ce qui laissa au compositeur le temps d’achever sa partition. Ce n’est qu’en 1918 qu’il put enfin servir la couronne britannique et ce n’est qu’à la toute fin de la guerre, le 29 septembre de la même année, que la création des Planètes fut donnée à Londres par Sir Adrian Boult, lui valant un franc succès.

En 1921, Holst reprendra le thème mélodique de Jupiter pour la création d’un nouvel hymne patriotique, I Vow To Thee My Country, joué tous les ans au Royaume-Uni lors du Remembrance Day (jour de l’Armistice).

Clément Serrano

 

 

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