Connaissez-vous le contre-ténor ?

Le chanteur ouvre la bouche… et on entend une voix aigüe. Surprise ! Alors entre apparence et réalité, saurez-vous démêler le vrai du faux sur le contre-ténor ?

 

Les contre-ténors sont comme les castrats. D’ailleurs ils chantent les mêmes rôles.

Faux. Un contre-ténor n’est pas un castrat, et on s’en réjouit ! Les castrats conservaient leur timbre d’enfant par une opération barbare subie dans leur jeune âge, tout en ayant la projection d’une cage thoracique d’adulte. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’Europe (surtout en Italie) connaît un engouement pour le timbre particulier des castrats à l’opéra. De nombreux rôles ont donc été écrits à l’époque pour leur tessiture. En 1902, la pratique des castrats est (enfin !) interdite officiellement. Aujourd’hui on confie ces rôles d’opéra à des contre-ténors, comme cela se faisait déjà parfois au XVIIIe siècle où l’Angleterre désapprouvait la pratique des castrats.

A lire aussi

 

 

Un contre-ténor parle aussi avec une voix très aiguë, comme quand il chante.

Faux. La voix aiguë du contre-ténor vient de la façon dont le chanteur émet le son. On appelle cela la « voix de tête », une technique que pratiquent aussi les chanteuses pour atteindre certaines notes. Lorsqu’un chanteur utilise sa « voix de poitrine » en revanche, sa tessiture est alors ténor (medium) ou baryton (grave). Un contre-ténor est donc un chanteur qui utilise sa « voix de tête » tout le temps ! Et lorsqu’il parle ? Il utilise sa voix normale ! Elle est donc plus grave que quand il chante…

 


Interview de Philippe Jaroussky… et démonstration 

 

C’est plus réaliste de voir un contre-ténor chanter un rôle d’homme qu’une chanteuse alto.

Là, c’est une question de goûts. Une chanteuse « alto » a une voix plus grave qu’une soprano, et peut effectivement chanter des rôles de personnages masculins, initialement écrits pour des castrats ou des contre-ténors. C’est le cas par exemple de Jules César, dans l’opéra éponyme de Haendel. Le choix appartient donc à la production (avec parfois l’avis du chef d’orchestre). Et comme le timbre d’un chanteur ou d’une chanteuse est toujours unique, pourquoi ne pas retourner voir plusieurs fois la même oeuvre avec des interprètes différents ?

A lire aussi

 

Sixtine de Gournay

 

Plus d’articles