Remaniement : sur la sellette, les ministres issus de la gauche rentrent dans le rang

Philemon Henry/SIPA

Les ministres de l’aile gauche de la majorité avaient protesté contre la loi immigration. Mais exception faite d’Aurélien Rousseau, personne n’a quitté le gouvernement. Ils sont même en train d’adopter une posture de plus en plus conciliante. 

Prenons l’exemple de Clément Beaune, le ministre des Transports. Il avait organisé un dîner des ministres récalcitrants le jour du vote du texte de loi sur l’immigration, et avait même créé une boucle WhatsApp baptisée « valeurs ». Il a fait savoir que le texte issu de l’accord avec la droite ne lui convenait pas du tout.

Dans les colonnes du Parisien ce jeudi matin, il revient pour la première fois sur cet épisode. « J’assume qu’il y ait eu une mobilisation et une pression collectives, parce que beaucoup de choses nous paraissaient extrêmement dangereuses dans le texte tiré du Sénat ».

Mais il ajoute également que le gouvernement n’a pas « dérivé », qu’il reste « toujours fidèle à la promesse initiale du macronisme » et qu’en discutant avec la Première ministre, il a fait « évoluer le texte dans la bonne direction » avec ses amis de l’aile gauche.

Le remaniement à venir pourrait expliquer ces démonstrations de loyauté

Voilà une façon de clore la séquence politique et de calmer le jeu. Clément Beaune n’est d’ailleurs pas le seul ministre à le faire. D’autres ont des projets d’interview du même acabit dans les prochains jours.

Cela signifie-t-il que leur désaccord est passé, après la dinde de Noël ? C’est peu probable. Est-ce que le remaniement en cours explique ces démonstrations de loyauté ? C’est plus crédible. Mais il n’est pas certain que le président soit sensible à ces actes de contrition tardifs. Il pourrait même, selon les confidences des uns et des autres, faire payer cher à certains leurs pas de côté.

La ministre de la Culture Rima Abdul Malak est notamment sur la sellette. Elle s’est publiquement émue du texte sur l’immigration et a essuyé la foudre présidentielle pour avoir évoqué une procédure disciplinaire de l’ordre de la Légion d’honneur contre Gérard Depardieu à laquelle Emmanuel Macron, grand maître de cette distinction, est opposé.

Vers fin de la quête obsessionnelle du « en même temps » ?

Une question se pose : le chef de l’Etat pourrait-il réduire à la portion congrue l’aile gauche de son gouvernement ? La réponse pourrait arriver d’ici le milieu de la semaine prochaine avec la désignation de ses nouveaux membres.

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S’il y a beaucoup d’exfiltrations, ce serait la fin du « en même temps », cette recherche obsessionnelle de l’équilibre politique sur absolument tout : les idées comme les équipes.

En attendant, l’aile gauche de la macronie aura prouvé, à la lumière de cette crise, que son poids politique a été significativement surestimé pendant ce double-quinquennat.

Marcelo Wesfreid

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